• 13 December 2018
  • Last Update Déc 12, 2018 1:47
  • Acoua, Mayotte

Une belle histoire héroïque de… Abdel

Abdel, originaire d’Acoua, résidant à Nantes raconte comment il a réussi à maîtrise ses émotions suite à un décrochage avec un costaud d’un mètre 80 durant ses années de collège. Une histoire qui se termine bien. Respect. L’Odyssée.

“La colère nous pousse à prendre de mauvaises décisions. Même pour une chose futile.

Je vais vous raconter une longue histoire.

J’étais au collège à Nantes. C’était en 2012 ou 2013. A la pause de 10h, j’étais parti à la boulangerie (à 5m du collège) acheter une sucette tétine chewing-gum. À l’époque, on aimait jouer au Ping pong avec mes amis.

Donc, j’étais en train de sucer mon bonbon à l’entrée de l’établissement vu que je revenais de la boulangerie et là, par derrière un gars que je connaissais bien, un Ivoirien qui faisait 1m80 et costaud et moi je faisais 20 centimètres de moins que lui et maigre comme un poteau, me prend le bonbon à la bouche et court vers la cour.

J’avais une raquette de ping-pongà la main et j’allais rejoindre mes amis à la table pour jouer avec eux. Mais comme on m’a volé mon bonbon (qui coutait 50 centimes et que j’avais plus rien), j’ai couru derrière le gars en lui disant de me rendre mon bonbon mais il se sentait plus fort que moi et comme j’étais timide à l’époque, il pensait que j’allais le laisser partir.

Donc, je courais derrière lui avec la raquette et il zigzaguait. Dès qu’il a couru droit qu’il était sur ma ligne de mire, dans ma tête, je me suis dis « c’est fini pour toi ». Je lui ai lancé la raquette et ça l’a touché en plein milieu de son crâne.
Il saignait énormément. J’ai couru pour m’enfuir et il m’a rattrapé (vu qu’il fait 1m80 et moi 1m65). Je crois qu’il a voulu me mettre une balayette pour me mettre au sol mais je suis resté debout. Pendant 10 seconde,s je pensais que ma vie allait s’achever. Mais bizarrement, on n’en est pas venu aux mains. On se donnait des coups de pied chacun son tour et on se regardait droit dans les yeux . Jusqu’à ce que les surveillants arrivent pour nous séparer.

Il était à l’infirmerie. On m’a demandé des explications, j’ai expliqué les faits. Je suis retourné le voir, je me suis excusé en premier (même s’il était en tort et que j’avais peur des représailles ). On s’est réconcilié depuis ce jour et quand j’allais manger seul à la cantine parfois il m’invitait à sa table. On n’a pas été exclu de l’établissement ni passé en conseil de discipline.

Quand on est adolescent, c’est très très dur de maîtriser ses émotions. Un adolescent a juste besoin d’être écouté et compris.”

editor

Related Articles

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
20 × 8 =