À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, acoua-info met à l’honneur des femmes de Mayotte dont les parcours illustrent l’engagement, la résilience et le sens des responsabilités. Dans un contexte marqué par l’actualité politique des municipales des 15 et 22 mars, cette série offre une respiration différente, tournée vers celles qui, loin des tribunes électorales, agissent chaque jour au service de la société. Focus sur Moinaydi Assani, présidente de l’association Tarehi Tsika, une figure engagée de la vie culturelle du Nord de Mayotte.
Dans la vie professionnelle, Moinaydi Assani exerce au Conseil départemental de Mayotte, au sein de la Direction de la culture et de la lecture publique, où elle occupe le poste de chargée de recherche. Titulaire d’un diplôme universitaire consacré à la société, à la langue et à la culture de Mayotte, elle est également conservatrice d’antiquités et d’objets d’art, un rôle qui témoigne de son attachement profond à la mémoire et au patrimoine de l’île.
Sa vocation est claire : préserver et transmettre. « Je suis profondément passionnée par la culture mahoraise. Préserver, valoriser et transmettre notre patrimoine, notre langue et nos traditions est pour moi bien plus qu’un travail : c’est une véritable mission et un engagement personnel », confie-t-elle.
Au-delà de son parcours professionnel, Moinaydi Assani s’illustre dans le monde associatif, convaincue que la culture doit vivre au plus près des habitants. C’est dans cet esprit qu’elle a porté le projet du Sommet des cultures du Nord, un événement mensuel implanté dans la commune d’Acoua, plus précisément dans le village de M’tsangadoua.
À travers cette initiative, l’objectif est simple mais ambitieux : créer un espace de rencontre, de transmission et de valorisation des traditions locales. « Je suis convaincue que chaque projet culturel peut réussir lorsque l’on y met de la passion, de la persévérance et de la conviction. Même face aux difficultés, je continue d’avancer avec détermination », explique-t-elle.
Pour elle, chaque événement culturel qui voit le jour représente une victoire collective et un pas supplémentaire dans la préservation de l’identité mahoraise. L’engagement de Moinaydi Assani ne se limite pas à porter des projets. Il repose aussi sur une philosophie : celle du partage et de l’entraide.
« J’essaie d’encourager, de motiver et d’accompagner les personnes qui m’entourent. Motiver les autres fait partie de mon ADN, car je crois profondément à la force du collectif et au partage des réussites. » Une conviction qui se nourrit également du soutien de ses proches. Elle évoque avec émotion sa famille, ses amis, ses enfants, son mari et sa sœur, qu’elle considère comme une source permanente de force et d’inspiration.
À travers son engagement professionnel et associatif, Moinaydi Assani poursuit une ambition simple mais essentielle : faire vivre la culture mahoraise et la transmettre aux générations futures. Dans une île où les traditions constituent un socle identitaire fort, son parcours rappelle que la culture n’est pas seulement un héritage. Elle est aussi une responsabilité, portée par celles et ceux qui choisissent de la défendre et de la faire rayonner.
En cette Journée internationale des droits des femmes, le parcours de Moinaydi Assani illustre avec force la place des femmes dans la transmission des savoirs, des traditions et de l’identité culturelle de Mayotte.
M. Kaya
