Reportage

À M’tsangadoua, le debaa fait vibrer la foi et la tradition

Samedi 25 octobre 2025, la place Tabakera de M’tsangadoua vibrera au rythme des chants et des voix du Débaa, à l’occasion d’un grand débat spirituel et culturel organisé par Madarassati Salamya. Pour cette édition exceptionnelle, la célèbre école religieuse et artistique accueillera plusieurs invitées venues des quatre coins de l’île : Madarassati Koraïchia de M’tsangamouji, Hairia de M’tsamboro et Nouroul Imane de Poroani.

“Accueillir les autres Madarassati de Mayotte est pour nous une grande fierté. C’est une manière de rendre hommage à la culture commune qui nous unit et de renforcer les liens entre les femmes de l’île”, confie Madame Ali Zoulaïha, membre active de Madarassati Salamya.

Cette rencontre revêt une valeur toute particulière : elle marquera les 25 ans officiels de l’association, fondée le 13 novembre 2000, bien que ses racines remontent aux années 1970, à travers les premières générations de femmes de M’tsangadoua. “Notre grand Débaa est un événement que nous organisons chaque année. C’est une tradition qui nous permet de faire vivre notre patrimoine culturel et de rassembler les associations autour de notre art commun. L’édition du 25 octobre sera particulièrement symbolique, puisque nous célébrerons un quart de siècle d’existence. Nous y mettons tout notre cœur”, ajoute-t-elle.

Le Débaa est l’une des expressions les plus raffinées de la culture féminine mahoraise. Né du soufisme, courant mystique de l’Islam, il conjugue chant polyphonique, percussions légères et chorégraphies synchronisées pour exprimer la dévotion, la beauté intérieure et la communion spirituelle. Chaque geste y traduit une prière, chaque note une louange. “Le Débaa représente pour nous un art intergénérationnel. Il réunit femmes et jeunes filles autour de valeurs fortes : solidarité, discipline, respect, foi et transmission”, précise encore Madame Ali Zoulaïha.

À M’tsangadoua, la préparation de cette grande journée bat déjà son plein. Les répétitions s’enchaînent pour harmoniser les voix, accorder les percussions et peaufiner la mise en scène. Les participantes, parées de tenues traditionnelles parfaitement assorties et de voiles élégamment noués, incarneront la grâce et la ferveur d’une tradition qui transcende les générations. “À travers le Débaa, nous transmettons aux jeunes la fierté de leur culture, la rigueur, la patience et le respect du collectif”, souligne-t-elle encore.

Depuis plus d’un quart de siècle, Madarassati Salamya œuvre à la préservation, la transmission et la valorisation du Débaa. Ce patrimoine vivant, à la fois spirituel et artistique, continue de rassembler les femmes de l’île autour d’un langage universel : celui de la foi, de la beauté et du partage.

L’événement du 25 octobre s’annonce comme un grand moment de communion culturelle, où la grâce du mouvement rappellera que la spiritualité mahoraise ne s’écrit pas seulement par les mots, mais se vit dans le souffle, le geste et la cadence du cœur. Le Débaa de cette édition 2025 promet d’être une véritable symphonie d’âmes et de traditions, une ode à la foi, à la mémoire et à la beauté du patrimoine vivant de Mayotte.

M. Kaya

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