Le soleil cognait fort ce samedi à Acoua, mais la chaleur la plus éclatante ne venait pas du ciel. Elle jaillissait des rires, des chants, des pas de danse et des regards curieux qui animent la cour d’Acoua 2. C’était jour de patrimoine. Jour de mémoire et de transmission.
Sous la houlette de l’association Tarehi Tsika, les “Hasani Tangnana” – métiers de la main – reprennent vie. Les visiteurs, petits et grands, se laissaient guider d’un stand à l’autre : poteries et broderies façonnées, instruments de musique bricolés, senteurs de cuisine locale, gestes ancestraux répétés avec patience. Avec passion. Avec talent. On sentait à chaque démonstration un fil invisible relié hier et aujourd’hui.
Puis vinrent les chants du groupe de Debaa Antonia, posés comme une prière en mouvement, et la voix du Chigoma, portée par le mythique et emblématique Louba Junior. Les tambours parlaient autant que les danseurs.
Acoua, cette localité du Nord-Ouest de l’île au parfum, a toujours eu cette force : faire du patrimoine une fête, un moment de partage populaire. Ce samedi, le village a brillé bien au-delà de son soleil de plomb. Il a rappelé que la tradition n’est pas un vestige, mais un souffle qui continue de nous porter. À Acoua, ce samedi, la culture n’était pas dans les musées. Elle battait. Elle chantait. Elle riait. Elle était là, vivante.
M. Kaya, directeur de publication
