Ce dimanche 21 décembre 2025, Souloutoini — Soulou pour les intimes — a choisi de lever le pied sur l’exigence et d’appuyer sur l’essentiel. Originaire de Mtsangamouji à Mayotte et désormais installé dans l’Est de la France, ce trailer aguerri, finisher de courses de haut niveau, s’est offert avec quelques amis une sortie sans dossard ni enjeu, juste pour le plaisir de courir ensemble. « Ce n’est pas un exploit ; c’était plus une balade entre trailers pour finir l’année », résume-t-il avec une modestie qui colle parfaitement à l’esprit du jour.
Le terrain de jeu, lui, n’avait rien d’anodin. Les hauteurs de Wintzenheim, en Alsace, et un itinéraire majestueux reliant les six châteaux forts qui dominent la vallée. Une boucle chargée d’histoire et de dénivelé, rendue accessible par un alignement rare des planètes. À cette période, les compétitions de trail sont quasiment à l’arrêt dans le massif des Vosges, entre travaux forestiers hivernaux et période de chasse. Ce dimanche faisait exception : pas de machines, pas de battues, une forêt silencieuse et légèrement embrumée, idéale pour une escapade hors calendrier. « On a réussi à motiver quelques copains, puisqu’il n’y avait ni chasse ni travaux forestiers. Et puis ça permet de se dépenser avant les fêtes, sur des sentiers empruntés par l’UTMB Alsace, que j’ai fait en 2024 », confie Soulou.
Sur le terrain, aucune bataille contre le chrono. Juste une progression collective sur des chemins techniques et vallonnés, bien connus des trailers car inscrits au tracé de l’UTMB Alsace – Ultra-Trail des Chevaliers. Au final, 18,80 kilomètres avalés en 2h21’51, à une allure moyenne de 7’32 par kilomètre, avec une fréquence cardiaque maîtrisée autour de 141 battements par minute. Des chiffres sobres, révélateurs d’une sortie d’endurance tranquille, rythmée par les échanges, les montées partagées et quelques pauses contemplatives face aux châteaux noyés dans la brume.
Pour Soulou, cette balade avait aussi le goût précieux des retrouvailles. Celles d’un compagnon d’entraînement avec qui il avait préparé la Diagonale des Fous. Le t-shirt finisher et la médaille avaient fait le déplacement, sortis du sac comme on ouvre un carnet de souvenirs. L’effet a été immédiat : la discussion a ravivé les rêves, et l’idée d’un retour sur la Diag en 2027 a commencé à germer. Le temps est là, désormais, pour construire ce projet fou et mythique.
Ce dimanche-là, il n’était donc pas question de performance ni de classement. Juste de trail, d’amitié et de transmission. Une fin d’année courue à hauteur d’homme, sur des sentiers chargés d’histoire, où chaque foulée rappelle que la passion, avant d’être un défi, reste avant tout un plaisir partagé.
M. Kaya
