2 jeunes originaires d’Acoua ont été victimes d’agression par arme blanche ce samedi soir à M’liha à l’occasion du Dahira. Un 3ème aurait été aspergé avec du gaz lacrymogène. Ils ont été pris en charge par les secours. Leurs vies ne seraient pas en danger.
Ce samedi, le Dahira a fait son grand retour à M’liha après plusieurs années d’absence. Aux alentours de 23H00, un groupe d’une dizaine d’individus originaires de M’tsangamouji armés de cailloux, de gaz lacrymogène et de couteaux ont surgi.
Leur cible était la dizaine de jeunes d’Acoua vêtus de leurs boubous entrain de palabrer sous le kiosque du village. Surpris, les jeunes d’Acoua ont tenté de prendre la fuite en mode dispersée créant la panique.
« On était assis sur le banc entrain de discuter en attendant de rejoindre le Dahira à la mosquée. Certains dormaient. Soudainement, j’ai vu un groupe d’une dizaine de jeunes de Tchanga arrivés vers nous. L’un d’eux a sorti un couteau et l’a pointé vers moi. J’ai réussi à l’esquiver. J’ai crié sauvons-nous, sauvons-nous, … Un autre voyou a sorti une bonbonne de gaz lacrymogène et un autre a tenté de nous frapper avec une sacoche avec un bout métallique. Certains avaient des cailloux dans les mains. Mon petit frère a reçu un cailloux sur le genoux. J’avais tellement peur », nous confie un témoin âgé de 12 ans croisé au carrefour Adobé à Acoua à son retour de Dahira. « Je ne sais pas si demain (lundi) j’oserai partir au collège, ça risque de bouger là-bas. », poursuit-il.
Cependant, 3 victimes tous mineurs sont à déplorer. Le premier aurait pris des coups de couteau dans le dos, le second serait blessé aux côtes. Le 3ème se serait tombé dans les pommes après avoir été aspergé avec du gaz lacrymogène sur le visage.
Les auteurs des faits bien qu’identifiés ont réussi à prendre la fuite vers le carrefour de M’liha où sans doute un véhicule les attendaient. Les jeunes d’Acoua alors frustrés auraient tenté de se venger sur leurs homologues de M’tsangamouji qui se trouvaient dans la mosquée pour le Dahira, mais très vite les adultes sont intervenus pour calmer les esprits.
Les 2 victimes blessés par arme blanche ont été évacués aux urgences du Centre Hospitalier de Mayotte où il a fallu mobiliser 2 ambulances de pompiers. La 3ème victime aura retrouvé ses esprits quelques instants plus tard. Leurs jours ne seraient pas en danger. L’enquête est en cours pour tenter de retrouver les auteurs des faits.
Délinquance chronique
Le Dahira s’est ensuite poursuivi jusqu’au petit matin sans le moindre problème. Toutefois, des interrogations persistent quand à cette flambée de violences qui semblent chronique entre les jeunes d’Acoua et leurs homologues de M’tsangamouji.
Les auteurs des faits seraient scolarisés au collège de M’tsangamouji et au Lycée du Nord de M’tsangadoua. Des répercussions et du représailles sont forcément à redouter dans un climat de paix au sein des établissements scolaires trop fragile entre ces 2 communes voisines qui ont dû mal à cohabiter.
Les 2 municipalités, les associations de tout bord, les établissements scolaires ainsi que les adultes sont appelés à jouer leurs rôles et prendre leurs responsabilités dans cette guéguerre sans fin afin d’éviter des drames.
Le Dahira, comme la plupart des autres manifestations sur l’île sont hélas devenus des prétextes pour la délinquance juvénile de faire entendre sa voix et sa frustration.
La Rédaction
