Football

Aydine Abdillahi officiellement diplômé du BEF

Une nouvelle ligne s’ajoute à un parcours déjà solide. Aydine Abdillahi est désormais titulaire du Brevet d’Entraîneur de Football (BEF), une reconnaissance officielle qui vient consacrer des années de travail, de constance et d’engagement au service du football.

Âgé de 35 ans, l’ancien entraîneur de l’ACSJ M’liha lors de la saison 2025 a marqué de son empreinte l’exercice écoulé. Sous sa conduite, le club des Poissons Jaunes a réalisé une saison aboutie, conclue par une troisième place sur le podium du championnat R1 mahorais. Un résultat qui traduit à la fois la qualité du collectif et la rigueur du cadre méthodologique instauré par le staff technique.

Inscrit au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP), le Brevet d’Entraîneur de Football (BEF) est un titre reconnu au niveau national, attestant de compétences techniques, pédagogiques et managériales élevées. Son obtention marque une étape importante dans le parcours d’Aydine Abdillahi. À l’annonce des résultats, l’émotion est d’abord celle du soulagement. « La première émotion a clairement été le soulagement. Pour moi bien sûr, mais surtout pour la personne qui a indirectement subi cette formation à ma place », confie-t-il, évoquant sans détour l’investissement personnel et familial qu’exige une telle formation.

Le document officiel du jury final confirme une session pleinement validée. Aux côtés d’Aydine Abdillahi, Minihadji Allaoui, Cheik Ahamed Belhadje, Aboul Fadhl Dhoihir, Joe Foxwell, Souyifoudine Mlamali et Anli Ben Soumaila ont tous été déclarés admis, soulignant la réussite collective de cette promotion Océan Indien 2025.

Derrière le diplôme, le parcours a été dense et éprouvant. « Le plus difficile a été la charge globale. Il y avait l’exigence de résultats liée à l’entraînement des seniors, le travail professionnel, la préparation et la mise en place des séances, mais aussi tout le travail demandé dans le cadre de la formation. C’était éprouvant mentalement, mais j’ai eu la chance d’être soutenu, notamment par ma femme », explique le technicien.

Au-delà de la certification, c’est une évolution profonde de la vision du métier qui ressort. « Le BEF m’a permis d’élargir ma vision. Avant, j’étais déjà capable de proposer des séances adaptées. Aujourd’hui, je réfléchis davantage en termes de performance individuelle et collective, d’analyse de l’adversaire et de prévention des blessures. Le rôle de l’entraîneur est devenu, à mes yeux, beaucoup plus global », analyse-t-il.

La formation insiste également sur la dimension humaine, devenue centrale dans son approche. « La dimension humaine est essentielle. Avant d’être bon dans la gestion d’un groupe ou dans l’entraînement, il faut d’abord bien se connaître soi-même. Le BEF m’a amené à travailler sur mon profil, à mieux gérer mes émotions, que ce soit sur le banc ou en dehors, et à mieux comprendre les joueurs. »

Formé selon des standards proches du monde professionnel, Aydine Abdillahi reste lucide sur les réalités du football mahorais. « Nous sommes formés avec des exigences proches du monde professionnel, mais la réalité à Mayotte reste amateur. Il faut donc savoir s’adapter. C’est justement là que l’on mesure la qualité d’un éducateur : être capable d’appliquer des principes solides tout en tenant compte du contexte local. »

Cette validation du BEF constitue ainsi une étape clé, à la fois personnelle et professionnelle. Elle ouvre de nouvelles perspectives et confirme la crédibilité d’un entraîneur engagé dans une dynamique de progression et de transmission. Le coach pointe toutefois les défis encore à relever pour le développement de la formation locale : « Il manque encore des moyens structurels, notamment en termes d’accompagnement. Nous étions peu de Mahorais en formation, principalement à cause du manque de maîtres de stage disponibles. Avec l’évolution des conseillers techniques au sein de la Ligue, certains points pourraient être améliorés. »

Un regard lucide et constructif, à l’image d’un parcours guidé par le travail, l’exigence et une volonté affirmée de bâtir sur le long terme.

M. Kaya

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