Après les scrutins communautaires, le paysage institutionnel mahorais s’éclaircit et dessine une nouvelle architecture du pouvoir local. Wirdani Djae prend la tête de la Communauté de communes du Sud. Dans le Centre-Ouest, Mohamadi Madi Ousséni, maire de Chiconi, s’impose à la présidence de l’intercommunalité. À Mamoudzou, Ambdilwahedou Soumaila, maire de la capitale, accède à la présidence de la CADEMA.
Trois territoires, trois trajectoires, mais une même ligne d’horizon : piloter des intercommunalités devenues le véritable centre de gravité des politiques publiques. Dans ce mouvement d’ensemble, le Grand Nord n’est pas resté en marge. Bien au contraire. Ce dimanche 12 avril 2026, au Remblai de Bandraboua, la Communauté d’agglomération du Grand Nord de Mayotte (CAGNM) a écrit une page décisive de son histoire. Sous un chapiteau animé, entre solennité républicaine et ferveur populaire, Roukia Kassidi a été élue présidente à l’unanimité, recueillant 40 voix sur 40.
Un score sans appel, presque rare dans les équilibres politiques locaux, qui confirme une dynamique largement pressentie en amont du scrutin. Organisé dans le prolongement de l’installation du conseil communautaire issu des municipales du 22 mars, le vote n’a laissé place à aucun suspense. À l’annonce des résultats, la salle a basculé dans une salve d’applaudissements, portée notamment par le soutien affirmé du maire de Koungou, Raos, acteur clé de cette convergence politique.
Dans les rangs, plusieurs figures d’Acoua ont pris part à ce moment structurant : Ahmed Darouèchi, Marib Hanaffi et Miradji Moinècha, témoins d’un scrutin rapide dans sa mécanique, mais dense dans ses implications. Et puis, il y a eu l’ambiance. Singulière. Presque hors du temps. Au rythme du Maoulida, la cérémonie a pris une dimension culturelle forte : chants, percussions, colliers de fleurs… Une atmosphère vibrante où la tradition épouse la République. Ici, la politique ne se limite pas aux urnes ; elle se vit, se partage, se ressent.
Mais derrière l’unanimité, une évidence s’impose : les attentes sont à la hauteur du score. La CAGNM concentre des compétences stratégiques — développement économique, aménagement, eau, mobilités — autant de leviers structurants pour un territoire en quête d’équilibre et de projection.
L’élection de Roukia Kassidi ouvre ainsi une nouvelle séquence. Une séquence exigeante. Car si l’unité s’affiche facilement le jour du vote, elle se teste dans la durée, à l’épreuve des décisions, des arbitrages et des résultats. Une présidente, un cap, et désormais un défi : faire de l’unanimité un moteur d’action.
M. Kaya
