Chido, ou la trace d’un cyclone qui n’aurait jamais dû frapper cette petite île paisible de l’Océan indien. Pour Ben Yanis 11 ans Acoua, école de foot de Racine du Nord, Chido n’est pas qu’un nom. C’est un événement qui a tout balayé. Récit.
« C’est quelque chose qui n’aurait jamais dû arriver à Mayotte. Ça a tout détruit. Quand je dis tout, c’est vraiment tout. »
Parmi les pertes les plus lourdes : un container essentiel à leurs activités sportives. « C’était notre container, celui où nous stockions tout notre matériel. Il avait été apporté par Monsieur Chido. Après le cyclone, il n’y avait plus rien. »
Dans ce chaos indicible, une main tendue a fait la différence. « Heureusement, AJ Auxerre nous a aidés. Ils nous ont fourni de nouveaux équipements. Sans eux, on aurait eu beaucoup de mal à repartir. »
Un mot de reconnaissance aussi pour ceux qui n’ont pas détourné le regard. « Je tiens à remercier Monsieur Guy Roux. Il ne nous a pas oubliés. Il ne nous a jamais oubliés. »
Reste la question de la peur, après avoir vécu l’impensable. À la perspective d’un nouveau cyclone, la réponse surprend par sa simplicité : « Non, je n’ai pas peur. Tant que je ne le revis pas, la peur n’est pas là. »
Même constat au sein de la famille. « À la maison, avec mes parents, on n’a pas eu peur non plus. » Un témoignage brut, sans emphase. Celui d’une résilience silencieuse, où la perte est immense, mais où la peur ne gouverne plus. À Mayotte, après Chido, la vie reprend — fragile, cabossée, mais debout.
Témoignage recueilli par Fofana
