Culture

Course de Gari Kakazou. L’art de faire rouler les souvenirs

Le Festival des Quartiers d’Acoua, localité du Nord-Ouest de Mayotte, a débuté sous le signe de la créativité, de la transmission et du partage. Pendant une semaine, les enfants des différents quartiers du village ont pris part à une animation aussi ludique qu’emblématique : la fabrication artisanale de petites voitures en bois appelées ici : Gari kakazou, suivie d’une course sur les pentes du village. Une activité à la fois intergénérationnelle, éducative et profondément ancrée dans les traditions locales.

Dès l’entrée du quartier Antsiraka Boira, les visiteurs sont accueillis par une banderole peinte à la main, aux lettres multicolores et décorée d’empreintes de mains d’enfants. Elle annonce le ton : celui d’un festival populaire, ludique et festif, où chaque habitant apporte sa touche, son énergie, sa créativité. Une œuvre collective qui symbolise parfaitement l’esprit de cette première édition.

Armés de branches, de ficelles, de clous et de bidons de récupération, les enfants, encadrés par des adultes et bénévoles, ont mis la main à la pâte pour fabriquer leurs propres voiturettes. À l’heure où le numérique envahit les loisirs, ce retour au jeu simple, fait de bois, de terre et d’imagination, a ravi petits et grands. Chaque véhicule est unique, fruit de l’ingéniosité des enfants et du savoir-faire transmis.

« C’est comme ça qu’on jouait avant. Voir les enfants s’y mettre avec autant d’enthousiasme, ça fait chaud au cœur », confie un habitant du quartier de Marvatou. La grande descente : sourire en roue libre. Une fois les bolides terminés, place à la descente ! Sur une piste improvisée en pente douce, une file de jeunes pilotes, assis sur leurs créations, attend sagement le top départ. Les cris de joie résonnent, les roues grincent, la poussière s’élève… Et les visages s’illuminent. Aucun prix à gagner, si ce n’est celui du plaisir partagé.

Plus qu’un jeu, une leçon de vivre-ensemble. Au-delà du simple divertissement, cette animation incarne une valeur forte : celle du vivre-ensemble. Les enfants apprennent à travailler ensemble, à s’entraider, à créer avec les moyens du bord. Une formidable leçon d’autonomie, de débrouillardise et de solidarité. Le Festival des Quartiers réussit ainsi son pari : créer du lien, redonner vie aux savoir-faire anciens et cultiver la fierté d’un patrimoine local vivant.

Le bois a roulé, les rires ont fusé, et dans les yeux des enfants, on pouvait lire bien plus que de l’amusement : une étincelle d’héritage et de liberté.

M. Kaya

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