Elles ont dévalé la piste avec entrain, fendu l’air sous les cris d’encouragement, et rappelé à tous un souvenir d’enfance. Ce lundi 21 juillet, après la cérémonie d’ouverture du festival, marquant ainsi le début des festivités qui va durer toute la semaine, la traditionnelle course de pneus a fait son grand retour dans le cadre du Festival des Quartiers 2025 à Acoua, localité du Nord-Ouest de Mayotte, réunissant enfants, parents et curieux autour d’un jeu aussi simple que emblématique.
L’art de faire rouler l’enfance. Sur la ligne de départ, une dizaine d’enfants armés de longues baguettes de bois. Devant eux, un pneu, parfois usé, parfois presque neuf, mais toujours bien maîtrisé. Au top départ, les corps se penchent, les jambes s’élancent, les pneus filent. Le public retient son souffle, puis explose de joie. Car ici, l’enjeu n’est pas de gagner, mais de revivre un moment de joie collective, de transmettre un héritage. « On jouait à ça tous les jours quand on était petits. Voir nos enfants y prendre goût, c’est une belle revanche sur les écrans », confie une maman, sourire aux lèvres.
Une tradition qui roule toujours. Cette course n’est pas qu’un simple jeu. C’est un rite de passage, un clin d’œil aux générations passées. Fabriqués maison, les bolides-maison ne coûtent rien mais offrent tout : rires, camaraderie, agilité, et surtout fierté de faire avec ses mains. Il suffit d’un pneu, de deux bouts de bois et d’un peu d’équilibre pour entrer dans la course.
Sous les tentes dressées à l’ombre, les familles applaudissent, encouragent, filment, commentent. Les enfants se donnent à fond, à coeur joie, rivalisant d’habileté pour garder leur roue sur la bonne trajectoire. L’ambiance est bon enfant, rythmée par les cris d’encouragement et les éclats de rire.
Le festival comme tremplin culturel. En programmant cette activité dans le cadre du Festival des Quartiers, les organisateurs ont voulu remettre à l’honneur les jeux traditionnels, souvent oubliés mais toujours vivants dans la mémoire collective. C’est un pari réussi : la course a rassemblé toutes les générations, redonnant un souffle d’authenticité à cette semaine de festivités.
À Acoua, la roue tourne… et elle roule pour la mémoire, le lien et la joie partagée. Un pneu, une impulsion, un éclat de rire : parfois, il n’en faut pas plus pour faire renaître l’essentiel.
M. Kaya
