Elles sont là, au lever du jour, les mains dans la terre, le cœur battant au rythme des houes. Dimanche matin, à Acoua, localité du Nord-Ouest de l’île de Mayotte, les membres de l’association Tarehi Tsika, accompagnés de leurs sœurs de Debaa Antonia et d’autres associations locales, ont semé bien plus que des graines : elles ont planté l’espoir le long des plages du village d’Acoua.
Sept mois après le cyclone Chido, qui n’a laissé que désolation derrière lui, ces femmes n’attendent pas. Pragmatiques et actives, elles agissent. Concrètement. Là où les arbres ont été arrachés, elles replantent. Là où la mer a laissé le vide, elles dessinent un avenir vert. Fruits à pain, manguiers, citronniers… chaque jeune pousse est un pied de nez à la fatalité, un message silencieux adressé à la Nature : nous sommes toujours là.
Pour ces femmes, bénévoles engagées, et pour l’association Tarehi Tsika, véritable moteur de projets essentiels et précieux au sein de la commune, active et dynamique dans ses initiatives. Pour toutes ces femmes qui refusent de se laisser abattre, celles qui, armées de bêches et de courage, redonnent vie à leur village. Pas de discours pompeux, pas de caméras, simplement des mains calleuses, des sourires sincères, et une foi inébranlable en des jours meilleurs. Merci.
Reboiser, c’est plus qu’un geste écologique. C’est une manière de dire : « On croit encore en demain. » Et ça, c’est peut-être la plus belle des victoires.
M. Kaya, directeur de publication
