Chroniques

Deux voix et un levier à activer

Il y a des équilibres qui ne se voient pas au premier regard, mais qui pèsent lourd dans la conduite des affaires publiques. À la CAGNM, l’installation du nouvel exécutif a dessiné une réalité politique claire : Acoua compte désormais deux représentants au cœur du pouvoir intercommunal.

Ahmed Darouèchi, 1er vice-président. Moihedja Miradji, 12e vice-présidente. Deux sièges dans l’exécutif. Deux voix dans la mécanique décisionnelle. Deux points d’appui dans un espace où tout se joue désormais : l’intercommunalité.

Parce qu’aujourd’hui : le véritable centre de gravité du développement local n’est plus uniquement communal. Il est intercommunal. C’est là que se décident les investissements structurants, les arbitrages budgétaires, les grandes orientations d’aménagement.

Et dans ce jeu-là, Acoua ne part pas en position dominante. Face au poids démographique de Koungou, face aux équilibres territoriaux, la commune doit peser autrement : par sa présence, par sa stratégie, par sa capacité à convaincre.

Deux représentants dans l’exécutif, ce n’est pas un privilège. C’est une responsabilité. Un rapport de force, oui — mais pas au sens conflictuel. Un rapport de force au sens stratégique : être capable d’influencer, d’orienter, de prioriser.

Au fond, la question n’est pas d’être présent. La question est de savoir ce que l’on fait de cette présence. L’attente est claire : des projets, du concret. À Acoua, les attentes ne sont ni théoriques ni abstraites. Elles sont connues : des infrastructures dignes, des équipements publics fonctionnels, un cadre de vie structuré, une valorisation du littoral et du patrimoine, une dynamique économique réelle. Autrement dit : des projets structurants, efficaces, visibles. Pas des intentions. Pas des annonces. Des réalisations.

La double représentation d’Acoua dans l’exécutif de la CAGNM ouvre une fenêtre. Une vraie. Mais une fenêtre ne suffit pas. Encore faut-il l’ouvrir pleinement, et surtout regarder dans la bonne direction. Le risque, comme souvent, serait de diluer cette position dans les compromis permanents de la gouvernance intercommunale. Le défi, à l’inverse, est limpide : transformer cette présence en influence utile. Notable. Il est vrai que ce ne sont pas les sièges qui développent un territoire. Ce sont les décisions qui en découlent.

Le temps politique est court, le temps du développement encore plus exigeant. Six ans. C’est à la fois long et terriblement court. Long pour observer. Court pour transformer. Acoua a aujourd’hui les cartes en main pour peser dans les décisions structurantes du Grand Nord. Encore faut-il jouer la partie avec lucidité, cohérence et constance.

M. Kaya, directeur de publication

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