AS Bandraboua rugit, Shingabwé reprend souffle, Racine du Nord s’accroche, l’US Acoua sombre encore. Un samedi chargé de tensions. Le football mahorais n’a, une fois de plus, offert aucun répit. Sur les pelouses de Régionale 2 et de Régionale 3, cette journée a livré son lot d’étincelles : derbys sous haute tension, victoires cruciales, revers qui piquent et atmosphère brûlante. Une après-midi qui esquisse déjà une fin de saison sous haute intensité.
À Bandraboua, le derby communal de R2 n’a pas déçu. Sous la surveillance d’un escadron de gendarmerie déployé pour contenir la tension historique entre les deux voisins, les Enfants de Mayotte ont imposé leur loi face à Foudre 2000. Une victoire nette (4–1), construite dès la 9ᵉ minute par Fardi, enfant du pays et enfant… de Dzoumogné, symbole parfait des histoires qui dépassent le terrain. Isfahane, Majesté et un doublé bien senti ont complété l’affaire. Dans un climat survolté, Bandraboua a montré qu’il savait jouer fort quand l’enjeu le pousse dans ses retranchements.
Un cran plus bas, en Régionale 3, le stade Karoukantrodrou a vibré au rythme des Jaunes de Shingabwé. Face au FC Labattoir, les hommes d’Hamjago ont repris des couleurs en s’imposant 4–2, dans un match où chaque minute semblait liée à leur survie. Abasse a ouvert la voie, Tchitcharito a mis le feu, Thierry a régalé, et l’arbitre a eu le dernier mot sur un but contesté. Une victoire vitale qui redonne un souffle mais maintient Shingabwé sous pression : la lanterne rouge reste lourde à porter, même avec 16 points.
À Koungou, Racine du Nord a joué avec le cœur et les tripes. Privés de cadres, les hommes de Youla ont bricolé, improvisé, mais tenu bon. Le coaching de la seconde période s’est avéré gagnant : Bernard surgit à la 83ᵉ minute et catapulte une tête libératrice pour offrir un succès précieux (0–1). Les Bleus quittent la zone rouge. Ils n’ont rien gagné encore, mais ils respirent.
Et puis, il y a l’US Acoua. Une nouvelle chute, 1–3 face à Trévani SC. L’équipe s’enfonce, glisse vers la R4, perd ses repères et ses illusions. Le public doute, les joueurs accusent le coup, les questions s’accumulent. Dans une saison devenue un long tunnel, il reste désormais à sauver l’honneur lors des trois dernières rencontres. Rien de plus, rien de moins.
Ce samedi 22 novembre a rappelé que le football, ici, n’est pas seulement un sport : c’est une géographie de joies, de douleurs, de pressions et de résilience. Les tribunes y croient encore, les terrains parlent fort, et les prochains week-ends promettent encore quelques secousses.
M. Kaya, directeur de publication
