À Hamjago, au Nord-Ouest de Mayotte, la saison 2026 ne se prépare pas uniquement à coups de séances tactiques et de matchs amicaux. Elle se construit aussi dans le cœur des hommes… et surtout dans celui d’un village tout entier.
Ce samedi 4 avril, au bord du terrain, les Étincelles ont allumé une flamme différente : celle du “Chidjabou”, moment de recueillement, de partage et de communion. Une initiative portée par les mamans de l’école de football, sous l’impulsion de Marie Chanfi, figure centrale du lien entre familles et club, récemment nommée deuxième vice-présidente. « Étincelles est plus qu’un club, c’est une famille unie », pose-t-elle, avec cette conviction tranquille qui ne s’invente pas.
Dès 9 heures, malgré une météo capricieuse, le terrain de Hamjago s’anime. Sous un badamier, les marmites chantent déjà. À quelques mètres, une tente militaire se dresse comme un symbole : celui d’un collectif prêt à affronter les tempêtes — sportives comme humaines.
Mamans, dirigeants, joueurs seniors… chacun trouve sa place dans cette chorégraphie bien rodée. Ici, on prépare autant les esprits que les jambes. Les dou’as s’élèvent, les regards se croisent, les générations se mêlent. Le football reprend son sens premier : un langage commun.
L’événement, ouvert à tous, attire un public nombreux, preuve que le club dépasse largement le cadre sportif. Parmi les présents, , fidèle au rendez-vous, venue prêter main forte aux préparatifs aux côtés de son binôme Abdoul Kamardine.
Un soutien discret mais significatif, à l’image de ce territoire où le football reste un vecteur social majeur. Après le temps du partage, place au jeu. Une opposition interne entre Étincelles 1 et Étincelles 2 vient conclure la journée. Pas de pression, mais déjà de l’intensité. Des duels, des courses, des regards complices. Le football reprend ses droits, dans une ambiance légère mais appliquée.
Sur la touche, carnet en main, le coach Mapésso observe. Analyse fine ou simple prise de notes ? Le technicien garde ses secrets, mais son regard, lui, ne trompe pas. « La R1 est un championnat relevé. Nous ne sommes pas favoris. Mais avec cette unité, ce que je vois aujourd’hui… oui, nous pouvons rivaliser », glisse-t-il, lucide et déterminé.
Promues après une saison 2025 remarquable, les Étincelles s’apprêtent à découvrir les exigences de la Régionale 1. Un cap, un vrai. Mais à Hamjago, on ne parle pas de survie. On parle d’identité, de progression, d’ambition maîtrisée.
Car au fond, le message est clair : avant de gagner des matchs, il faut savoir faire équipe. Et sur ce terrain-là, Étincelles Hamjago a déjà pris une longueur d’avance. À Hamjago, le football ne se joue pas seulement avec les pieds. Il se vit, il se transmet… et parfois, il se prie.
Pobo
