Le grand jour approche. Ce samedi 31 janvier 2025, le stade de Sada sera le théâtre d’un moment majeur du football mahorais. À 14h30, le coup d’envoi de la finale de la Coupe de Mayotte 2025 sera donné, avec une affiche qui sent la poudre et la ferveur populaire.
Face à face, deux institutions, deux villages, deux histoires qui convergent vers un objectif commun. Deux clubs, deux trajectoires, un seul trophée. L’ACSJ M’liha, porte-étendard du Nord-Ouest de Mayotte, retrouve l’AS Rosador, formation rompue aux grands rendez-vous. Un trophée ne se gagne jamais par hasard ; il se conquiert. « C’est une fierté collective et historique pour le village. C’est la première fois qu’on arrive à ce stade en Coupe de Mayotte », confie Valdo, directeur sportif de l’ACSJ M’liha.
Tout au long du championnat de R1, la lutte pour le podium a tenu en haleine joueurs et supporters. Au terme d’un exercice âprement disputé, l’AS Rosador termine deuxième avec 40 points, juste devant l’ACSJ M’liha (39 points). Un écart infime, révélateur d’une rivalité intense et d’un duel d’un très haut niveau.
Cette finale a tout d’un classique moderne. D’un côté, Rosador, l’expérience et le vécu des finales. De l’autre, M’liha, la dynamique, la progression patiente, construite saison après saison. Deux projets, deux philosophies, un seul vainqueur à l’arrivée. « La Coupe se joue en un match, mais le projet se construit sur plusieurs saisons. L’ADN du club doit rester le même : cohésion, respect, accompagnement des jeunes et ouverture vers de nouveaux partenaires », insiste Valdo.
Le public, douzième homme. Les supporters sont attendus en nombre à Sada pour transformer l’enceinte en véritable chaudron. Couleurs, chants, ferveur : cette finale se jouera aussi dans les tribunes. « Nos supporters sont notre force. Le club a besoin d’eux pour gravir les montagnes », rappelle le directeur sportif.
Au-delà du terrain, cette finale met en lumière un binôme emblématique. Zouhaïri Ahmed, figure respectée du football mahorais, apporte expérience, rigueur et vision. À ses côtés, coach Durand, enfant du village, incarne un travail de fond mené avec patience, rigueur et exigence.
Présent depuis trois saisons, ce dernier a accompagné l’ACSJ M’liha dans une ascension remarquable, de la R3 à la R1. En 2023 déjà, il était de l’aventure lors de la qualification historique en finale de la Coupe de France face à Bandrélé FC, puis lors de la finale contre l’AS Rosador. Deux ans plus tard, l’histoire se répète, avec une maturité nouvelle.
À l’approche de cette finale, le groupe affiche une sérénité assumée. « Les joueurs sont conscients de l’enjeu et de ce que cela représente pour la population. Beaucoup ont déjà connu de grands clubs à Mayotte, donc il n’y a pas de pression excessive », analyse Valdo.
Une page à écrire. Samedi, M’liha et Passamaïnty joueront bien plus qu’un match. Ils joueront une page du football mahorais. Dans ces rendez-vous-là, chaque détail compte, chaque voix porte, chaque minute se grave. Le décor est planté. À Sada, le football mahorais s’apprête à vibrer.
M. Kaya
