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Grand Ballon 2026. Souloutoini solide mais stoppé par le mur du final

Il y a des courses qui jalonnent une saison. Et d’autres qui la façonnent en profondeur. Le Trail du Grand Ballon, disputé les 25 et 26 avril sur le plus haut sommet des Vosges, à l’Est de la France, s’inscrit clairement dans cette seconde catégorie. Un parcours à la fois majestueux et impitoyable, où la beauté du décor rivalise avec la rudesse de l’effort.

Dès le départ, les chiffres imposent le respect : 75 kilomètres sur le papier, 77,94 en réalité, pour 3 684 mètres de dénivelé positif. Ici, on ne parle plus simplement de course, mais d’endurance à l’état brut. Chaque montée se négocie au prix de l’énergie, chaque descente se mérite, et le mental — lui — ne se discute jamais.

Dans ce décor grandiose, entre lever de soleil éclatant et chaleur installée tout au long de la journée, Souloutoini Hamouza alias Soulou, originaire du quartier de la Vigie à M’tsangamouji, s’est lancé dans l’arène. À ses côtés, un visage familier : Flo, compagnon de route depuis les années d’études en Master Responsable QHSE à Saint-Étienne dans les années 2010. Un ami fidèle, mais aussi un compétiteur aguerri, déjà vainqueur à plusieurs reprises sur des trails de référence.

Le résultat est sans appel : Flo termine à une solide 2e place, confirmant son statut. Souloutoini, lui, coupe la ligne en 66e position, au terme d’une course aussi intense que révélatrice. Car derrière le classement brut, il y a une histoire de course. Et elle mérite d’être racontée. « Je reste un peu sur ma fin. J’étais dans les 20 premiers jusqu’au 50e kilomètre… puis j’ai baissé de régime, sans réussir à relancer, sauf sur les deux derniers kilomètres », confie-t-il avec lucidité.

Une analyse à chaud, presque clinique. Celle d’un traileur qui connaît ses sensations, ses seuils, ses limites du jour. Jusqu’au 50e kilomètre, la machine répond. Le rythme est là, la stratégie tient. Puis vient ce moment charnière, bien connu des longues distances : la bascule. Celle où l’effort devient combat intérieur. Dans ces instants, la chaleur pèse, les réserves s’amenuisent, et chaque foulée devient une négociation. Le classement glisse, doucement mais sûrement. Pourtant, au bout, il y a cette capacité à repartir. À relancer sur les deux derniers kilomètres. À finir debout, et digne. C’est là, souvent, que se joue la vérité du trail.

Au-delà de la performance, cette course dessine un cap. Elle confirme un potentiel — celui d’un coureur capable de se hisser dans le haut du classement sur une grande partie de l’épreuve. Mais elle met aussi en lumière les axes de progression : la gestion de l’effort sur la durée, la résistance dans le dernier tiers, l’art délicat de finir fort.

Le Trail du Grand Ballon 2026 n’a rien offert. Mais il a tout révélé. Et dans le regard de Soulou, malgré la frustration, il y a déjà autre chose qui se dessine. Une envie. Une revanche silencieuse. La promesse d’un retour, plus fort, plus complet. Parce qu’en trail, on ne perd jamais vraiment. On apprend. Et on revient.

M. Kaya

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