Un Manzaraka, fête traditionnelle de mariage, a été brutalement perturbé ce samedi après-midi à l’ancien plateau sportif d’Acoua, localité du Nord-Ouest de Mayotte. Un groupe d’une dizaine d’individus a fait irruption en pleine célébration, provoquant une vive agitation et laissant deux blessés, le père et le frère du marié, tous deux originaires de M’tsangamouji.
Jusqu’alors, la cérémonie se déroulait dans une ambiance festive. Familles d’Acoua et de M’tsangamouji se retrouvaient pour célébrer l’union de leurs enfants, entourés de sourires, d’embrassades et de cadeaux en abondance. La prestation du groupe Zaza Tchanga venait de s’achever et la fête battait son plein.
C’est à ce moment qu’un groupe de voyous, identifié comme étant originaire d’Acoua (selon plusieurs témoins qui ont préféré garder l’anonymat), aurait fait irruption près de l’estrade où se tenaient les mariés qui avaient déjà quitté les lieux. Leur première cible fut la valise contenant les dons collectés, qu’ils auraient tenté d’arracher sans y parvenir. Ils se seraient alors rabattus sur les nattes sur lesquelles étaient assises certaines invités, réussissant à s’emparer de quelques caisses de boissons et de nourriture avant de prendre la fuite.
La panique aurait gagné le chapiteau où près de 300 invités réunis pour célébrer l’union des familles d’Acoua et de M’tsangamouji. « Ça courait de partout », témoigne un invité. Le DJ a dû couper la musique tandis que les individus semaient le désordre avant de s’en prendre à un proche du marié.
Père et fils pris pour cibles
Le jeune frère du marié, isolé sur le parking, aurait été encerclé et roué de coups. L’un des assaillants lui aurait asséné un violent coup au visage à l’aide d’un sac banane muni d’un embout métallique. Le sang a jailli, tachant son costume de cérémonie.
Son père, sexagénaire, aurait tenté d’intervenir pour le protéger. Il serait victime d’agression, projeté au sol par la violence du choc. Sous l’effet de la colère, il s’est relevé pour se défendre, mais entre-temps, les agresseurs avaient déjà pris la fuite pour se réfugier au kiosque d’Antapalalahi, où ils se seraient regroupés.
Invités traumatisés, femmes évacuées
Sous le choc, plusieurs femmes ont dû être évacuées du site. Le calme n’est revenu sur le site qu’aux alentours de 19 heures. Pour beaucoup, cette attaque restera comme une blessure dans la mémoire collective : c’est la première fois qu’un “Manzaraka” soit directement pris pour cible, ternissant une fête habituellement synonyme de joie et de partage.
Un climat de tensions persistantes
L’origine exacte de l’agression reste encore floue. Toutefois, les tensions récurrentes entre jeunes d’Acoua et de M’tsangamouji sembleraient peser lourdement sur le climat local, à quelques jours seulement de la rentrée scolaire.
Pour l’heure, aucune plainte officielle n’a été confirmée. Les auteurs des violences sont toujours en fuite.
La Rédaction
