Nécrologie

Jimmy Cliff, la voix d’or du reggae s’est éteinte à 81 ans

La nouvelle a traversé le monde comme un frisson : Jimmy Cliff, monument du reggae, s’est éteint à l’âge de 81 ans, terrassé par une pneumonie survenue après une crise convulsive. L’annonce a été faite par son épouse, dans un message empreint d’émotion. « C’est avec une profonde tristesse que je vous annonce le décès de mon mari, Jimmy Cliff… À tous ses fans à travers le monde, sachez que votre soutien a été sa force tout au long de sa carrière », écrit-elle, remerciant famille, amis, artistes et collaborateurs qui ont accompagné l’icône jamaïcaine jusqu’aux derniers instants.

Jimmy Cliff s’en va rejoindre le panthéon des géants du reggae. Figure majeure de cette musique née au cœur de la Jamaïque, il laisse derrière lui un vide immense, presque physique, tant son empreinte a façonné le genre. Premier artiste de reggae à signer chez Island Records, il a ouvert des portes que peu osaient pousser, portant la culture jamaïcaine bien au-delà des frontières de son île.

À sa manière, il a autant compté que Bob Marley ou Peter Tosh — disparu prématurément le 11 septembre 1987 — dans cette conquête musicale mondiale. Malgré cette stature colossale, Jimmy Cliff avançait avec une modestie désarmante, analysant lui-même cette différence de lumière médiatique : « Marley et moi partagions les mêmes rêves révolutionnaires. La vérité, c’est que je suis un solitaire, et lui aimait profondément les gens. » Une phrase qui en dit long sur l’homme derrière la légende.

À partir de la fin des années 1960, sa voix claire et sa plume engagée l’ont propulsé au rang de star mondiale. “Many Rivers to Cross”, “Wonderful World”, “Beautiful People”, puis “Reggae Night”… autant de titres devenus des classiques. Sa reprise lumineuse de “I Can See Clearly Now”, popularisée en 1993 par le film Rasta Rockett, lui a offert une nouvelle génération d’admirateurs — plus de 140 millions de vues sur YouTube en témoignent encore.

Jimmy Cliff était un explorateur musical, curieux de toutes les sonorités. Il sublimait le reggae et le ska de son île natale, mais jonglait aussi avec les codes de la pop. Ses reprises, de “Wild World” de Cat Stevens à “Guns of Brixton” de The Clash, sont devenues des versions de référence. Et son dernier album, “Refugees” (2022), rappelle son engagement profond pour les peuples en exil, thème omniprésent dans son œuvre.

La Jamaïque, bouleversée, lui rend hommage. L’artiste Shaggy salue « une véritable icône », ajoutant : « Sa voix, son message et son esprit ont façonné l’âme du reggae. Sa lumière restera éternelle. »

Pour mesurer l’empreinte laissée par Jimmy Cliff, cinq titres s’imposent naturellement : “Many Rivers to Cross”, “Reggae Night”, “Wonderful World”, “Beautiful People”, “The Harder They Come”, “I Can See Clearly Now”. En bonus, l’inoubliable duo avec Bernard Lavilliers, symbole d’un artiste qui traversait les frontières sans jamais perdre de vue ses racines.

Le reggae perd l’un de ses phares. Le monde, un conteur à la voix d’or. Son héritage, lui, continuera de vibrer bien au-delà des rivages de la Jamaïque.

M. Kaya

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