Mayotte s’apprête à célébrer le 1er anniversaire du passage du cyclone Chido et de la dépression Dikélédi. Plusieurs cérémonies d’hommage aux victimes et aux sinistrés sont programmés sur l’île. Cependant, des amoureux de la course à pieds ont prévu un gros challenge mêlant course à pieds et marche à travers les villages, routes et sentiers de la Grande Terre d’un parcours de 166 Km. Chad, l’une des figures de l’association Challenge Mayotte Tour nous détaille l’événement. Interview.
Vous envisagez d’organiser une course hors norme les 12 et 13 décembre 2025. Pourquoi avoir choisi cette date ?
Nous avons choisi cette date car elle marque symboliquement le 1er anniversaire du passage cyclone Chido, un événement qui a bouleversé Mayotte. Pour ne jamais oublier cette douleur, cette épreuve, cette injustice vécue par des milliers de Mahorais, nous avons décidé de baptiser cette Course « Chido, Rêves de Liberté, Égalité, Dignité ». Ce nom n’est pas un simple titre.
C’est une commémoration, un acte de mémoire, un hommage aux familles sinistrées, et un rappel que le peuple mahorais reste debout malgré tout.
Quels sont les principaux objectifs de ce projet hors du commun?
L’objectif citoyen et mémoriel. La course CHIDO veut rappeler la souffrance vécue, mais aussi la résilience d’un peuple qui refuse d’être oublié. C’est un message fort : Nous existons, nous avons le droit à la dignité. Un objectif social et humain. Rassembler toute l’île autour de valeurs simples : Solidarité, unité, respect. Redonner de l’espoir dans un contexte où beaucoup se sentent abandonnés.
Un objectif solidaire: Mettre en lumière les difficultés persistantes après le cyclone, soutenir les sinistrés moralement, et attirer l’attention nationale.
Comment va se dérouler la course? Sachant qu’elle est prévue de jour comme de nuit? Avez-vous pensé à la sécurité des participants connaissant le contexte particulier de l’île sur ce sujet?
La sécurité est au cœur du projet. La course CHIDO se déroule sur 166 km, en une nuit et un jour, avec des véhicules encadrants, des référents sécurité par secteur, des points de ravitaillement officiels.
On a identifié les zones qu’on peut qualifier de sensibles. Nous sommes en collaboration avec les autorités pour encadrer les passages critiques. On a émis des règles strictes aux participants. L’objectif est de montrer qu’un événement positif, structuré, et sécurisé est possible à Mayotte, même dans un contexte tendu.
4. La course se déroule uniquement sur Grande-Terre. Comment comptez vous apaiser les habitants de Petite-Terre qui vont certainement se sentir laisés?
La Petite-Terre n’est pas mise de côté. Si le tracé se limite à la Grande-Terre, c’est uniquement pour des raisons techniques et de continuité du parcours. Mais Petite-Terre fait pleinement partie de l’esprit du projet CHIDO.
Plusieurs participants de la Petite-Terre vont intégrer les équipes. Des actions commémoratives seront envisagées sur place. Une réflexion est engagée pour une édition spéciale Petite-Terre ou une future intégration du territoire au parcours. L’idée est simple: Chido a touché toute l’île. La commémoration appartient à tous
Est-ce que d’autres éditions sont nécessaires pour les années àvenir? Si oui, sous quelles formes ?
Tout à fait. Le projet CHIDO est pensé dans la durée. L’édition 2026 connaîtra une évolution majeure. La course CHIDO sera inscrite au calendrier officiel du Comité d’Athlétisme de Mayotte, et intégrée au programme FFA.
Cela impliquera des inscriptions obligatoires pour les licenciés, le respect du règlement fédéral, l’obligation de justificatifs médicaux (PPS ou certificat médical conforme), la présence d’officiels FFA, le chronométrage et structure technique renforcés. C’est une reconnaissance qui permettra à la course CHIDO de devenir un véritable événement sportif officiel, en plus de son rôle citoyen. L’intégration de Petite-Terre : une réflexion ouverte.
Deux pistes sont à l’étude, soit: Intégrer la Petite-Terre dans un futur parcours CHIDO, ce qui reviendrait plus complexe logistiquement, mais possible à moyen terme. Ou simplement créer une édition CHIDO spéciale Petite-Terre. Pour honorer aussi ce territoire, qui a été fortement touché par la catastrophe.
CHIDO n’est pas une simple course. C’est un devoir de mémoire, un acte citoyen, un message d’unité qui continuera d’évoluer dans les années à venir.
Propos recueillis par Fofana A.
