Billet

La parité au bord du chemin

À Acoua, la campagne municipale avance, sûre d’elle, colorée, enthousiaste, orchestrée, bruyante parfois. Les listes sont là, les slogans aussi. Mais un silence persiste, lourd et tenace : celui de l’absence des femmes à la tête des listes. Cinq candidatures, cinq hommes. La démocratie locale est bien vivante, dit-on. La parité, elle, attend encore son heure.

Ce n’est pourtant pas faute de compétences. Les femmes d’Acoua sont présentes partout : dans les associations, les administrations, l’éducation, l’économie locale. Elles organisent, elles gèrent, elles tiennent souvent la maison commune à bout de bras. Mais quand il s’agit d’occuper le siège de premier magistrat, la porte se referme doucement. Sans fracas. Presque poliment.

On invoque des équilibres politiques, des consensus, des contraintes locales. On rappelle que la loi est respectée, que les listes sont paritaires. Certes. Mais la tête de liste reste ce plafond invisible que l’on ne nomme jamais. Une fonction encore trop souvent associée à une autorité masculine, Comme si l’exercice du pouvoir supposait une voix grave, des épaules larges et une musculature bien en vue.

Ailleurs à Mayotte, quelques communes osent. Ici, non. À Acoua, aucune femme n’a encore été placée en première ligne. Pas cette fois non plus. L’occasion était pourtant belle. Elle aurait été historique. Elle ne l’a pas été.

Alors la question demeure, simple et dérangeante : à quand une femme pour conduire la commune ? Pas comme symbole, mais comme évidence. Car tant que la parité s’arrêtera au seuil du pouvoir, la démocratie locale restera incomplète. Et Acoua continuera d’avancer… avec une moitié de ses talents tenue à distance.

M. Kaya, directeur de publication

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