Chroniques

Le banga. Petite case, grande histoire

Le banga… Trois syllabes à peine, et tout un pan de Mayotte s’éclaire. Une case minuscule, une pièce unique, mais un univers à part entière. Autrefois, c’était l’épreuve des garçons : construire sa propre maison, s’arracher à l’enfance à coups de machette dans le bambou, à poignées de terre mêlée de paille. Un geste simple, mais qui valait acte fondateur : devenir adulte, se tenir debout.

Ce mois de septembre, à Bouéni, le banga renaît. Pas dans les souvenirs, mais dans la matière : torchis, raphia, cocotier. Les mains se mêlent, la terre respire, le bambou chante. C’est un banga qui reprend vie. Un savoir-faire refleurit, pas seulement une case, mais une mémoire. Une mémoire qui s’éveille. Une tradition qui réapparaît.

Demain, cette case deviendra musée vivant, lieu de visite, d’atelier, de parole. Mais déjà, elle raconte. Elle dit qu’à Mayotte, l’identité ne se construit pas dans les grandes avenues mais dans les gestes répétés des anciens. Elle dit que la modernité n’efface pas la mémoire, à condition de vouloir la porter.

Le banga, ce n’est pas une nostalgie. C’est une racine. Et comme toute racine, il nous ramène à l’essentiel : savoir d’où l’on vient pour mieux savoir où l’on va.

M. Kaya, directeur de publication

Click to comment

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

To Top