Un diplôme, c’est une feuille. Le terrain, c’est la vérité. Et entre les deux, il y a des femmes et des hommes qui travaillent dans l’ombre, sans raccourci, sans bruit inutile.
L’obtention du Brevet d’Entraîneur de Football par Aydine Abdillahi raconte précisément cela. Non pas l’histoire d’une ascension fulgurante, mais celle d’un cheminement patient. Un parcours fait de nuits courtes, de séances à préparer après le travail, de responsabilités assumées auprès d’un groupe senior exigeant, et d’une vie personnelle mise, parfois, entre parenthèses.
Le BEF n’a pas transformé Aydine en autre chose que ce qu’il était déjà. Il a affiné. Il a élargi. Il a obligé à regarder le football autrement : non plus seulement comme un jeu à organiser, mais comme un système global où la performance, la prévention, l’analyse et l’humain se croisent en permanence.
Dans un football mahorais encore largement amateur, où l’on demande souvent beaucoup avec peu de moyens, ce type de réussite a valeur de signal. Elle dit qu’il est possible de se former sans renier le terrain. Qu’il est possible d’être exigeant sans être déconnecté. Qu’il est possible, surtout, de progresser sans se raconter d’histoires.
Le plus intéressant, peut-être, n’est pas ce diplôme. C’est ce que son titulaire en fera. Et à l’écouter, Aydine Abdillahi n’a pas l’intention de se réfugier derrière un titre. Il parle d’apprentissage continu, de recul, de jeu. Il parle même de rechausser les crampons, comme un rappel simple : le football ne se pense bien que lorsqu’on le vit encore.
Le diplôme est là. Le respect aussi. Reste le terrain. Et c’est très bien ainsi.
M. Kaya, directeur de publication
