Billet

Le grand samedi du foot mahorais

La 18ᵉ journée : trois divisions, une même ferveur. Ce samedi 15 novembre 2025 a la saveur de ces journées où Mayotte respire football du matin au soir. Trois championnats, trois étages, mais une seule pulsation : celle d’une île qui vit pour le jeu, le combat et la fierté territoriale. La 18ᵉ journée de R1, R2 et R3 s’amuse à tout mélanger : les sommets, les sueurs froides, les derbys fratricides, les réveils impossibles et les rêves trop grands pour rentrer dans un vestiaire.

Dans l’élite, la R1 se joue à la hauteur des ambitions. Les Diables Noirs accueillent Bandrélé FC dans un choc qui sent le soufre. Bandrélé n’a toujours pas perdu cette saison ; les Diables veulent prouver qu’un leader peut saigner. M’liha, lui, avance avec l’élégance des équipes qui ont enfin trouvé leur tempo. Rosador vient en juge, avec son football rugueux et patient. Sohoa et Kavani jouent la prudence, Kawéni joue la survie, Kani-Kéli joue l’honneur. La R1 déroule son feuilleton, plein de virages imprévus.

La R2, elle, se raconte avec moins de lumière mais tout autant de cœur. Le Nord retient son souffle pour le derby Hamjago–Abeilles, duel de cousins jamais vraiment réconciliés. Sada défend son fauteuil de leader, Kani Bé surveille ses arrières, Choungui et Vahibé dansent entre irrégularité et ambition. On devine les palabres dans les villages, les discussions sur les bancs, les « ça passe ou ça casse » murmurés avant l’échauffement.

Et puis vient la R3, la division où le foot reprend son accent brut, parfois cruel. Koungou et Tsingoni s’affrontent dans un duel de prétendants, pendant que M’tsahara avance comme une machine bien huilée, renvoyant tout le monde à ses doutes. L’US Acoua sort d’une semaine cauchemardesque, Bandraboua retrouve de la voix, Trévani reste l’éternel trouble-fête. Ici, les ambitions sont modestes mais les émotions déferlent sans filtre.

Ce samedi offre plus qu’une journée de championnat : il nous rappelle pourquoi Mayotte court derrière son ballon comme on court après un rêve de gosse. Chaque terrain est un théâtre où les scénarios s’écrivent au rythme des tambours, des pas nerveux sur la chaux fraîche et des encouragements qui montent des grillages. La 18ᵉ journée, c’est cette respiration commune : haletante, bruyante, indisciplinée, profondément vivante. Et demain matin, qu’on gagne ou qu’on perde, chacun saura qu’il a encore quelque chose à défendre.

M. Kaya, directeur de publication

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