La R3 2025 a refermé ses portes sans tapage, mais avec ce silence lourd qui suit les saisons éprouvantes. À Acoua, le football a vécu une année à double vitesse. Deux clubs et deux destins qui finissent par diverger. Racine du Nord s’accroche. US d’Acoua chute. Le classement provisoire arrêté au 14 décembre 2025 ne raconte pas toute l’histoire, mais il dit l’essentiel.
Racine du Nord termine 8ᵉ. Pas de feux d’artifice, pas de cavalcade héroïque, mais un maintien arraché avec lucidité. Une saison faite d’à-coups, de matches réussis suivis de passages à vide, d’une attaque capable de piquer et d’une défense parfois trop exposée. Le contexte n’a pas aidé : un effectif jeune, prometteur, mais fragilisé par les départs d’étudiants en pleine saison. La stabilité a vacillé, la ligne de flottaison aussi. Racine reste en R3. C’est peu spectaculaire, mais c’est vital.
Pour l’US d’Acoua, la marche était plus haute encore. Promue après des années en R4, l’équipe a découvert une R3 sans indulgence. Les chiffres sont secs, presque cruels : une victoire, trop peu de nuls, beaucoup trop de défaites. Une attaque qui n’a jamais totalement abdiqué, mais une défense souvent submergée. Et puis ce match, symbole de tous les déséquilibres : le 4 octobre 2025 à M’tsahara, une défaite 10–3 face au leader. Un score fleuve, une claque sonore, vécue comme une humiliation sportive. Ce jour-là, la R3 a rappelé ses lois.
La saison de l’US d’Acoua a aussi été marquée par les secousses internes. Trop d’orages pour un promu qui cherchait encore son abri. La relégation est logique, presque mécanique. Elle n’efface ni l’engagement des joueurs, ni l’apprentissage accumulé.
La R3 2025 n’a pas été tendre avec Acoua. Elle a exigé de la constance, de la profondeur d’effectif, de la sérénité. Racine du Nord a tenu la barre, l’US d’Acoua a pris l’eau. Mais le football mahorais a cette mémoire courte et ce goût de recommencer. Une saison s’achève, une autre se prépare déjà. Le classement fige le présent. Le terrain, lui, promet toujours un lendemain.
M. Kaya, directeur de publication
