C’était l’un des derniers refuges de la jeunesse à Acoua. Un espace numérique modeste, niché dans le foyer des jeunes, mais chargé d’ambitions. On y entrait pour apprendre l’informatique, discuter d’un projet associatif, découvrir une passion, ou simplement pour rêver un peu plus grand.
Et pourtant, ce lieu vient d’être cambriolé. Mis à sac. Des ordinateurs volés, du matériel détruit. Il ne reste que la colère, l’amertume… et un profond sentiment d’abandon. Ce n’est pas qu’un fait divers. C’est le symbole d’une jeunesse à qui l’on coupe les ailes, encore une fois. Pathétique.
À Acoua, les infrastructures et les structures tombent les unes après les autres. La bibliothèque, située juste à côté du foyer des jeunes ? Devenue un refuge pour chèvres. Le plateau sportif ? Démoli, jamais reconstruit. Le gymnase ? Toujours promis, jamais sorti de terre.
Ce centre numérique était le seul survivant, le seul lieu où les jeunes pouvaient encore se retrouver, créer, construire ensemble. Et voilà qu’il s’effondre lui aussi, non pas de vétusté, mais par négligence collective. Négligence coupable.
Car oui, dans un contexte d’insécurité grandissante, comment expliquer l’absence totale de surveillance, d’alarme, de protection élémentaire pour un espace aussi précieux, aussi nécessaire et important ? Négligence irresponsable.
La jeunesse d’Acoua n’est pas moins méritante que celle des communes voisines. Elle est brillante, sportive, solidaire, volontaire et créative. Mais elle en vient à jalouser ce que d’autres ont par simple droit : un terrain, une salle, une scène, un endroit pour rêver. Un lieu d’espérance. Un lieu de convivialité. Un lieu pour créer. Un lieu pour jouer.
Aujourd’hui, cette jeunesse n’a plus que des ruines. Et la frustration grandit, silencieuse mais tenace. Il est temps que cela cesse. Il est temps qu’on entende les cris discrets d’une jeunesse qui tient bon malgré tout, mais qui commence à se lasser d’attendre.
M. Kaya, directeur de publication
