Le décor est désormais planté. À la préfecture, le couperet administratif est tombé : sur sept candidatures déposées dans la commune d’Acoua, cinq listes sont officiellement retenues pour le scrutin des 15 et 22 mars 2026. Deux listes recalées. La règle est stricte, la démocratie aussi. On entre dans le dur.
Dans deux semaines, plus de 3 000 électeurs devront trancher. Choisir une vision. Arbitrer des trajectoires. À Acoua, petite par la taille — environ 5 000 habitants — mais grande par les enjeux, le scrutin ne sera pas anecdotique. Les finances sont sous tension, les attentes sociales élevées, les défis structurels bien réels. Ici, chaque promesse devra affronter la gravité des chiffres.
Durant des semaines, les candidats ont détaillé leurs projets. Leurs programmes. Sécurité, jeunesse, développement économique, infrastructures, gouvernance. Les intentions ont été posées, les ambitions affichées. Reste à savoir lesquelles résisteront à l’épreuve du réel. Mais au-delà des programmes, un fait mérite d’être souligné : la vitalité démocratique observée ces dernières semaines. Les débats ont circulé. Les échanges se sont intensifiés. Les habitants ont questionné, interpellé, interrogé.
Dans ce paysage en mouvement, une initiative a marqué les esprits : “Donne Moi Ta Voix”, portée par deux femmes originaires d’Acoua, Nachiati et Cham’sane. Leur concept a installé un espace de dialogue direct entre candidats et citoyens. Une agora moderne, sans filtre, sans tribune surélevée. La politique à hauteur d’homme. Aujourd’hui, le micro s’est déplacé à Hamjago, pour la commune de M’tsamboro. Le format essaime. L’idée fait école. Ce n’est pas un gadget médiatique. C’est une respiration démocratique.
Le signal le plus intéressant vient peut-être d’ailleurs : des jeunes qui s’organisent, qui s’expriment, qui s’impliquent. On ne parle plus seulement de commenter sur les réseaux sociaux. On parle de comprendre un projet, un budget, d’exiger un calendrier, de demander des moyens concrets. La politique cesse d’être un spectacle. Elle redevient une responsabilité collective. Les médias locaux, dont le journal acoua-info, jouent ici un rôle structurant : relayer, expliquer, questionner, contextualiser. Dans une petite commune, l’information n’est pas un luxe. C’est un outil d’équilibre.
Cinq listes. Cinq orientations. Le paysage est désormais limpide. Les électeurs disposent des cartes. À eux de décider. La démocratie locale a pris l’air. Elle respire. À chacun maintenant de lui donner un cap. À Acoua, le vent se lève doucement. À voir maintenant qui saura tenir la barre. Dans deux semaines, il ne s’agira pas d’élire un visage. Il s’agira de choisir une trajectoire. Un projet. Un programme. Parce que derrière chaque trajectoire, il y a l’avenir d’Acoua.
M. Kaya, directeur de publication
