Ce samedi 23 mai 2026, Bois du Château s’est transformé en un véritable carrefour culturel mahorais. Organisée par Mayotte Breizh, avec le soutien des associations partenaires Vannes Ylang, Tsara Malaza et Lorient Ylang, cette grande journée culturelle a rassemblé plusieurs milliers de personnes dans une ambiance populaire, chaleureuse et profondément festive.
Dès l’après-midi, familles, jeunes, enfants, habitants de Lorient, des mahorais venus des villes voisines mais aussi nombreux métropolitains ont convergé vers le parc verdoyant du Bois du Château. Tous réunis autour d’un même objectif : découvrir, partager et célébrer Mayotte, ses traditions et son identité culturelle.
Et très vite, le ton de la journée a été donné. Sous la houlette de Pay et de son fidèle complice Marley Le Massaï — tandem bien connu pour son humour spontané et son sens de l’animation — les premiers éclats de rire ont résonné dans le parc. Sketchs improvisés, plaisanteries populaires, scènes comiques : le duo a immédiatement embarqué le public dans une atmosphère conviviale où la bonne humeur semblait contagieuse.
Puis la culture a pris toute sa place. Les jeux d’antan ont replongé les anciens dans leurs souvenirs d’enfance tandis que les plus jeunes découvraient un patrimoine vivant. Le tir à la corde a réveillé les rivalités amicales et les encouragements nourris du public. Plus loin, les sonorités puissantes du Maoulida Shengue ont captivé les regards : les hommes frappaient les tambours traditionnels et artisanaux avec une précision presque hypnotique pendant que les femmes, vêtues de magnifiques salouvas, déroulaient des chorégraphies parfaitement synchronisées.
Les promeneurs du parc, parfois étrangers à cette culture, observaient la scène avec fascination. Certains filmaient, d’autres applaudissaient longuement. Beaucoup restaient simplement silencieux, absorbés par cette démonstration culturelle de haut vol. Toute la journée, un parfum de Mayotte a flotté sur Lorient. Les stands de restauration n’ont d’ailleurs jamais désempli. Brochettes de bœuf, mabawas grillés, samoussas croustillants, gâteaux typiques mahorais, sauces relevées aux saveurs de l’Océan Indien : la gastronomie mahoraise a joué pleinement son rôle d’ambassadrice culturelle.
Pay résume avec simplicité cette montée en puissance progressive de l’événement : « C’était timide au début, surtout avec le retard qu’on a pris. Mais dès que les repas sont arrivés, je trouve que la population s’est bien retrouvée. Avec la nourriture, tout le monde s’y retrouve. » Et lorsque le Chigoma a résonné dans le parc, l’atmosphère a changé de dimension. Chants traditionnels, rythmes puissants, danses populaires : le Bois du Château vibrait désormais comme une place de village mahorais transplantée au cœur de la Bretagne.
Au fil des heures, les réactions enthousiastes se sont multipliées parmi les participants. Une mère de famille mahoraise venue de Rennes confiait avec émotion : « Voir nos enfants courir, rire et découvrir nos traditions ici, en Bretagne, ça fait chaud au cœur. On a l’impression d’être un peu revenus au pays. » Un jeune mahorais installé à Vannes soulignait quant à lui l’importance identitaire d’un tel rendez-vous : « Ce genre d’événement nous rassemble. On vit loin de Mayotte mais aujourd’hui, on a retrouvé notre ambiance, notre nourriture, nos chants. Ça fait du bien. »
Du côté des visiteurs métropolitains, la curiosité s’est rapidement transformée en admiration. Un habitant de Lorient, venu au départ « par curiosité », racontait : « Franchement, je ne connaissais presque rien de la culture mahoraise. J’ai découvert des danses magnifiques, une vraie générosité dans l’accueil et une ambiance incroyable. » Une autre participante bretonne, séduite par les démonstrations culturelles, confiait avec le sourire : « On sent une vraie chaleur humaine. Même sans connaître les traditions, on se sent intégré immédiatement. »
Une évidence s’est alors imposée : Lorient fait partie de ces rares villes dans l’hexagone capables de réunir, autour d’une même fête, des personnes de toutes origines, des communautés de l’Océan Indien jusqu’aux habitants bretons curieux de découvrir une autre culture. Pour Pay, le succès de cette première édition lorientaise ne fait guère de doute : « Le succès repose sur l’animation et le goût culinaire, car même après la clôture, les personnes présentes ne voulaient pas rentrer chez elles. C’est une première à Lorient. »
Et l’association voit déjà plus loin. « Les projets, ce sont la fête de quartier du Bois du Château, la fête des associations lorientaises et sans oublier le Moulidi en novembre », annonce-t-il. Une chose est certaine : cette journée culturelle du 23 mai 2026 aura laissé une empreinte forte dans les mémoires. Et la rédaction d’acoua-info, présente sur place tout au long de l’événement, a pu mesurer combien, le temps d’une journée, Lorient avait pris les couleurs, les rythmes et l’âme de Mayotte.
M. Kaya
