Elles étaient lumineuses, élégantes, fières de représenter leurs quartiers, leurs familles, et surtout leur culture. Ce samedi 26 juillet, sous les projecteurs d’Antsirka-Boira, le concours Miss Salouva 2025 a envoûté le public dans le cadre du Festival des Quartiers d’Acoua. Une soirée de célébration de la beauté au féminin, mais surtout de la transmission d’un patrimoine vestimentaire ancré dans l’âme mahoraise : le Salouva.
Une scène en plein air, des étoiles plein les yeux. Dès 19h, les spectateurs affluent. Chaises alignées, familles réunies, enfants assis au sol, regards tournés vers la scène. Le tapis rouge est déroulé, les lumières multicolores se mettent à danser. Et bientôt, une à une, les candidates font leur entrée, vêtues de leurs plus beaux salouvas, assortis de parures florales, bijoux, et maquillage au msindzano (masque de beauté traditionnelle mahoraise). Le public applaudit, sourit, s’émerveille. « Ce n’est pas qu’un concours de beauté. C’est notre manière de rendre hommage aux femmes d’hier et d’aujourd’hui », glisse allègrement une habitante, le regard posé sur sa fille candidate.
Entre élégance et enracinement culturel. Elles sont adolescentes ou jeunes femmes. Toutes ont pris le temps de choisir leur salouva, de se préparer, de répéter leur passage. Chaque pas sur le podium est un message : l’élégance mahoraise se conjugue au présent. Les étoffes brodées, les couleurs éclatantes, les gestes gracieux et les sourires confiants composent un tableau à la fois festif et émouvant.
Dans les coulisses, les mamans et les tatas sont là, chuchotent des encouragements, ajustent un foulard, épinglent une fleur. C’est une œuvre collective, une fierté partagée. Le public, venu nombreux, n’a rien manqué du spectacle. Applaudissements nourris, flashs de téléphones, cris de soutien : chaque quartier a porté haut sa représentante. Des rires ont éclaté, des silences attentifs ont suspendu le temps à chaque passage.
Puis vient l’annonce finale : Miss Salouva 2025 est élue. La Miss de cette première édition du festival des Quartiers.. Elle s’appelle : Selemani Nasraïne, âgée de 14 ans. Elle s’avance, radieuse, la couronne sur la tête et les bras chargés de cadeaux. Son sourire en dit long. Ce n’est pas seulement une victoire personnelle, c’est la reconnaissance de toute une jeunesse qui ose être fière de ses racines.
Bien plus qu’un concours. En clôturant cette journée de festival par un événement aussi fédérateur et symbolique, les organisateurs ont su mettre en lumière la force de la tradition, sans la figer. Car ici, la beauté n’est pas un standard imposé, mais une expression vivante de l’identité locale. À Acoua, la salouva n’est pas qu’un tissu. Elle est mémoire. Elle est héritage. Elle est fierté. Et ce soir-là, elle a brillé de mille couleurs sous les étoiles du Nord de Mayotte.
M. Kaya
