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Municipales 2026 Acoua. Une triangulaire décisive au second tour

À Acoua, la démocratie locale entre dans sa phase la plus stratégique. Entre les deux tours, les lignes ont bougé, les cartes ont été rebattues, et les alliances ont redessiné le paysage politique. Ce dimanche 22 mars, les électeurs sont appelés à trancher dans une configuration devenue limpide : une triangulaire décisive.

Dans les coulisses, les discussions ont été rapides, parfois rugueuses, mais déterminantes. Les listes LR (24,12 %), UADM (12,68 %) et FLAM (5,88 %) ont choisi de conjuguer leurs forces. Une fusion actée sous la bannière LR, avec Sauzée Saandani comme tête de file.

Ce rapprochement n’a rien d’un simple arrangement de circonstance. Il s’inscrit dans une logique politique assumée. « Depuis le début, nous avons engagé des échanges, pris le temps de discuter », confie un membre éminent de l’UADM. Le tournant intervient dès le dimanche soir, lorsque les premières rencontres formelles ont lieu. En moins de 24 heures, une décision est scellée : faire bloc.

Un choix accéléré aussi par le tempo politique. « Certains partenaires ne nous ont contactés que tardivement. Cela a pesé », souligne-t-on en interne. Dans ce jeu d’équilibres, l’absence de dialogue initial avec d’autres forces a précipité une décision « délibérée et collective ».

Au-delà de l’arithmétique électorale, la coalition revendique une ambition : peser. Avec un socle cumulé qui dépasse les 40 %, l’alliance LR–UADM–FLAM entend incarner une alternative crédible. Des accords de principe ont d’ores et déjà été esquissés pour la répartition des sièges en cas de victoire : LR : 17 sièges, UADM : 8 sièges, FLAM : 3 à 4 sièges.

Une mécanique bien huilée, presque chirurgicale, où chaque composante trouve sa place dans un attelage politique pensé pour durer… du moins le temps d’un mandat. En face, deux lignes assumées : continuité contre rupture

Face à cette coalition, deux listes ont choisi de faire cavalier seul. D’un côté, NIAC (37,55 %) menée par Ahmed Darouèche, ancien maire (2014-2020), en position de force au premier tour. Une dynamique qui repose sur un socle électoral solide et une volonté de reconquête. De l’autre, MDM-MDCA (24,24 %) portée par le maire sortant Marib Hanaffi, qui assume une ligne claire : pas de fusion, mais une fidélité au projet initial. « Nous reconduisons la même liste. Nous avons identifié des réserves de voix que nous souhaitons mobiliser. La coalition ressemble à un bricolage. Nous défendons un projet politique, pas des intérêts personnels », affirme-t-il.

Deux visions, deux philosophies : l’une misant sur la cohérence et la continuité, l’autre sur l’ouverture et l’agrégation des forces. Trois listes, trois trajectoires, un seul cap : convaincre les électeurs d’Acoua et de M’tsangadoua.

Dans cette dernière ligne droite, chaque voix comptera. Plus qu’un simple scrutin, ce second tour s’annonce comme un moment de vérité démocratique. Une respiration citoyenne, où le choix ne se fera plus dans les coulisses, mais dans l’isoloir.

Au fond, la scène est presque classique, presque intemporelle : alliances, convictions, stratégies… et au bout du chemin, une seule souveraine — la voix du peuple. Dimanche, Acoua votera. Et tranchera.

La rédaction acoua-info

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