Municipales

Municipales 2026. Entre colliers de jasmin et slogans, Acoua entre en campagne

À Acoua comme ailleurs à Mayotte, la saison électorale s’ouvre dans une atmosphère de fête. Chaque week-end, les investitures politiques prennent des allures de Manzarakas, ces mariages traditionnels où les colliers de jasmin se distribuent à foison. Sur les podiums décorés, les sourires rivalisent avec les chants de debaa et de maoulida. Les micros crachent promesses et slogans devant des foules chauffées à blanc.

Le 21 septembre à Acoua, c’est la NIAC – Nouvelle Impulsion Active pour la Commune, formation socialiste locale – qui a dégainé la première. Après avoir dirigé la mairie de 2014 à 2020, sous l’égide d’Ahmed Darouèche, puis perdu les élections de 2020, le parti repart quasiment avec la même équipe, légèrement remaniée. La place Hazali, entre plage et stade Bassin, a servi de décor à ce retour en scène.

En face, les camps d’Ousséni Djambaé, d’Oyah, de Kachirou et de Sauzée (Les Républicains) affûtent leurs arguments. Tous annoncent une entrée en campagne imminente et la publication prochaine de leurs programmes. Le maire sortant, Marib Hanaffi, a choisi de temporiser : son bilan de mandature sera présenté en novembre.

Un constat interpelle : aucune femme n’est tête de liste à Acoua. Et ce n’est pas qu’une affaire locale. À l’échelle du département, seule Chiconi aligne une candidate, sous l’étiquette Les Républicains. À Acoua, une tentative d’investiture féminine a bien existé, mais l’intéressée s’est retirée.

Le paradoxe est criant : la société mahoraise demeure profondément matriarcale. Dans la vie quotidienne, ce sont les femmes qui gèrent budgets, intendance, organisation familiale. Des compétences transposables à la gestion municipale. Pourtant, jamais une femme n’a occupé le fauteuil de maire à Acoua. Pas pour 2026, en tout cas. Leur rôle croissant reste pour l’instant cantonné à l’implication associative et au suivi attentif des débats politiques.

Jusqu’au premier tour du 15 mars 2026, Acoua vivra au rythme des meetings, des alliances et des confrontations de projets. Insécurité, insalubrité, prévention : les attentes des habitants sont immenses.

Les médias locaux, dont acoua-info en partenariat avec Radio Carrefour, s’apprêtent à jouer leur rôle : informer, décortiquer, confronter, afin que chaque électeur puisse voter en conscience.

Car au-delà des colliers de fleurs et des sourires de circonstance, ce sont bien les choix collectifs qui dessineront l’avenir d’Acoua.

M. Kaya

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