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Municipales 2026. Portrait de … Marib Hanaffi, maire sortant : l’héritage des “sorodats” comme boussole politique

À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, la rédaction d’acoua-info poursuit sa série de portraits consacrés aux têtes de liste engagées dans la bataille pour la mairie d’Acoua. Aujourd’hui, coup de projecteur sur Marib Hanaffi, 48 ans, maire sortant, qui sollicite un nouveau mandat sous la bannière du MDM-MDCA (Mouvement Départemental de Mayotte).

À quelques jours du scrutin, l’élu s’est prêté à l’exercice, toujours un peu délicat, de l’autoportrait. Un moment d’introspection qu’il aborde avec prudence et sincérité. « Parler de soi n’est jamais un exercice simple. On peut facilement se surestimer ou, à l’inverse, se sous-évaluer. Je vais donc essayer de le faire avec objectivité », confie-t-il d’entrée de jeu.

Dans ce face-à-face avec lui-même, le maire sortant tente ainsi de tracer les contours de son parcours, de ses convictions et de sa vision pour la commune qu’il dirige depuis 2020. Né à Acoua, où il passe son enfance jusqu’à l’âge d’environ onze ans, Marib Hanaffi grandit ensuite entre Acoua et M’tsangadoua, deux villages qui composent la commune. Une double appartenance qui, selon lui, constitue aujourd’hui l’un de ses atouts. « Je connais les réalités d’un enfant d’Acoua comme celles d’un enfant de M’tsangadoua. Les qualités, mais aussi les difficultés. »

Pour lui, cette connaissance des deux villages permet d’éviter les logiques de division. « Certains parlent de développer Acoua et M’tsangadoua comme s’il s’agissait de deux entités séparées. Pour moi, l’objectif est au contraire de rassembler et de faire commune. » Selon lui, chaque village possède ses forces : Acoua, tourné vers l’initiative et la visibilité ; M’tsangadoua, plus discret mais attaché à la réflexion et à la profondeur des décisions. « L’idée est de prendre le meilleur des deux pour construire la commune. »

Professeur des écoles de profession, Marib Hanaffi revendique une polyvalence acquise à la fois par sa formation et par son métier d’enseignant. « Être polyvalent permet de comprendre rapidement les enjeux et d’aborder les sujets avec plus de facilité. » Mais au-delà des compétences techniques, il insiste surtout sur ce qu’il considère comme une vertu fondamentale : le service. Dès son adolescence, il organise déjà des activités dans son quartier, notamment des tournois de football. Par la suite, il s’investit dans plusieurs associations locales.

Au sein du football de M’tsangadoua, il occupe pratiquement tous les rôles : président, secrétaire, trésorier, joueur, entraîneur et même arbitre de Régional 1 à Mayotte. Il met fin à cette activité d’arbitrage lorsqu’il devient maire en 2020. « J’ai toujours servi sans attendre quelque chose en retour. C’est une qualité essentielle quand on exerce la fonction de maire. »

Selon lui, son accession à la mairie ne relève pas d’une ambition personnelle initiale mais d’une proposition collective. « En 2020, mon équipe m’a proposé d’occuper la fonction. J’ai accepté et j’ai essayé de l’assumer avec respect et responsabilité envers tout le monde. » Pour exercer cette responsabilité, il estime qu’une bonne santé physique et morale est indispensable. « La fonction de maire aujourd’hui est très exigeante. Elle demande beaucoup d’énergie. »

Héritier de l’esprit des “Sorodats”. Marib Hanaffi se revendique également « enfant des sorodats », ces militants historiques qui ont porté le combat pour le maintien de Mayotte dans la République française. Dans sa famille, à Acoua comme à M’tsangadoua, plusieurs proches ont côtoyé des figures majeures de cette période, notamment Younoussa Bamana ou Zéna M’Déré. « J’ai grandi dans cet environnement. Les discussions politiques faisaient partie de notre quotidien. »

De cet héritage, il dit avoir tiré deux leçons fondamentales. La première : fixer un objectif clair et s’y tenir, comme l’ont fait les sorodats lorsqu’ils ont défendu le maintien de Mayotte dans la France à une époque où beaucoup réclamaient l’indépendance. La seconde : placer l’intérêt des Mahorais au-dessus des clivages politiques. « Quand on est sorodat, on n’est ni de gauche ni de droite. Le seul combat, c’est Mayotte et les Mahorais. »

Dans cette continuité, le maire sortant affirme avoir lui aussi fixé un cap politique pour la commune : faire d’Acoua une commune pleinement française dans son image et dans son fonctionnement. Pour atteindre cet objectif, son projet s’articule autour de trois grands axes. Le premier axe vise à améliorer l’image de la commune et structurer son territoire, tout en préparant la collectivité aux risques naturels comme les cyclones ou les inondations.

Plusieurs aménagements ont déjà été engagés ou sont envisagés : le point de vue “Bon Soleil”, l’aménagement de la plage de M’tsangadoua, la transformation du parking de la mairie en esplanade, la poursuite des aménagements urbains dans différents quartiers. La circulation fait également partie des projets structurants, avec la mise en place progressive de sens uniques afin de fluidifier le trafic et créer des places de stationnement.

Le deuxième axe consiste à renforcer les services de proximité. Parmi les réalisations et projets cités : création d’un site internet communal, installation d’un panneau lumineux d’information, mise en place d’un distributeur automatique de billets près du marché couvert, arrivée de médecins dans la commune, projet d’ouverture d’une pharmacie, développement du transport intercommunal. D’autres infrastructures sont également envisagées : un centre technique municipal à Mtsangadoua, un pôle sécuritaire regroupant police municipale et vidéosurveillance, un pôle social sur l’ancien site d’Acoua.

Enfin, le troisième axe concerne la qualité de vie des habitants, avec des actions autour de : l’éducation et la réussite scolaire, le sport et la santé, la propreté et l’environnement, la tranquillité publique, le développement économique, l’accompagnement des personnes les plus fragiles.

À l’approche du scrutin municipal, Marib Hanaffi défend donc une ligne politique axée sur la continuité et la transformation progressive de la commune d’Acoua. Son ambition : poursuivre les projets engagés et continuer à bâtir une commune qu’il souhaite moderne, organisée et tournée vers l’avenir.

M. Kaya

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