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Municipales 2026. Portrait de … Ousséni Djambaé, le chef d’entreprise qui veut imposer la “Tolérance Zéro” à Acoua

À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars 2026, la rédaction d’acoua-info poursuit sa série de portraits consacrés aux têtes de liste en lice pour la mairie d’Acoua. Aujourd’hui, focus sur Ousséni Djambaé, tête de liste FLAM au scrutin municipal dans la commune d’Acoua.

À 45 ans, Ousséni Djambaé ne revendique ni carrière politique classique ni parcours d’apparatchik. Il se présente d’abord comme entrepreneur. Chef d’entreprise local. Homme de terrain. Homme de résultats. Bâtisseur. Dans la course aux municipales de mars 2026, son mot d’ordre claque comme une bannière assumée : « Tolérance Zéro ». Le ton est direct, affirmé, sans détour. Son projet se veut offensif. Lui ne cache pas son ambition.

Originaire d’Acoua, formé au collège de M’tsangadoua puis au lycée de Sada en sciences économiques et sociales, il choisit très tôt l’apprentissage et la voie professionnelle en métropole. Bac professionnel Hygiène Propreté Environnement, BTS Métiers de l’hygiène, puis un Bac+3 Responsable Développement & Qualité : un parcours structuré, orienté vers la gestion, le management d’équipes et le pilotage budgétaire. Une trajectoire sans raccourci, marquée par la discipline et la méthode.

En 2011, à Lorient dans le département du Morbihan en Bretagne, il crée sa première entreprise dans le nettoyage industriel. En 2015, il revient s’installer définitivement à Mayotte et relance une activité. Depuis plus de quinze ans, il évolue dans un environnement concurrentiel où la rigueur est une condition de survie. Gestion de sites, négociation commerciale, recherche de marchés, contrôle qualité : son univers est celui des résultats mesurables. Ceux qui le connaissent parlent d’un homme opiniâtre et méthodique. Lui se décrit comme « incassable ».

Son engagement public ne date pas d’hier. Après une candidature aux élections sénatoriales en 2017, il publie plusieurs ouvrages engagés : Scrutin Secret, récit inspiré de son expérience politique ; Mayotte Éclatée, l’île aux vertiges, réflexion sur l’insécurité et la délinquance juvénile ; L’Adjalisation, critique des mécanismes administratifs liés aux titres de séjour. Pour lui, écrire n’est pas un exercice de style, mais un acte militant. « Lire et écrire nourrit l’intelligence », répète-t-il volontiers.

La sécurité constitue le cœur de son engagement municipal. Depuis 2016, il préside le Comité de surveillance et de sécurité civile d’Acoua. Une expérience marquée par des tensions, et par une agression violente dont il a été victime en mars 2023. Son slogan « Tolérance Zéro » s’inscrit dans cette trajectoire personnelle. Il évoque une présence renforcée sur le terrain, une prévention par l’éducation, une réaction immédiate face aux troubles et un cadre clair. « Être maire, c’est savoir dire non quand il le faut », affirme-t-il.

Ancien militant des Républicains, il conduit aujourd’hui la liste FLAM avec une équipe qu’il présente comme ancrée dans le tissu économique local, composée notamment d’entrepreneurs. Son argumentaire est constant : selon lui, la commune d’Acoua a été dirigée par des profils administratifs ou enseignants respectables, mais la commune aurait besoin désormais d’un gestionnaire. D’un maire capable d’aller chercher les financements, de mobiliser les réseaux et d’appliquer une culture du résultat.

Il critique un urbanisme qu’il juge mal maîtrisé, un déficit d’infrastructures pour la jeunesse et une gestion municipale insuffisamment orientée vers la performance. Son approche est pragmatique : identifier les dysfonctionnements, fixer des objectifs précis, établir des indicateurs et mesurer les résultats. Un vocabulaire issu de l’entreprise qu’il transpose à l’échelle communale.

« Piloter une commune comme une entreprise » : la formule résume son ambition. Management, réactivité, optimisation des ressources, valorisation du territoire. Pour lui, la rupture n’est pas idéologique, elle est méthodologique.

Créer une entreprise à 30 ans en métropole, revenir investir à Mayotte, se lancer dans une candidature aux sénatoriales, publier des essais critiques, puis constituer une liste municipale face à des figures déjà bien installées : le parcours est jalonné de prises de risque. La posture est combative. Le discours se veut volontiers volontariste, centré sur l’idée de redressement, d’urgence et d’autorité. Une approche plus stratégique que lyrique.

Reste désormais l’épreuve décisive du suffrage. Dans une commune où les réseaux familiaux, les équilibres locaux et les relations de proximité pèsent lourd dans les choix électoraux, la campagne ne se jouera pas uniquement sur un slogan. Elle se jouera sur la crédibilité du projet, la capacité à rassembler et, surtout, à démontrer une aptitude réelle à gérer la commune.

M. Kaya

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