Témoignages

Osons dire, osons parler de nos tabous !

Tout d’abord, prenons bien soin de nous-mêmes pour être disponible et à l’écoute des autres dans les métiers de l’accompagnement de la santé psychique. Faire un métier de vocation ne nous dispense pas du repos, de la détente et du bien-être de soi-même, d’abord et avant tout. 

En effet, tout bon soignant est celui qui ne se néglige pas et qui se soigne bien pour mieux prendre soin des autres. C’est ce que j’ai pris conscience ce week-end de totale relaxation avec moi-même. Que cela fait du bien de se faire du bien aussi bien physiquement que psychiquement. 

Surtout après avoir vu ce reportage sur un témoignage poignant d’une femme mahoraise et sociologue qui dénonce les violences conjugales de ce qu’elle appelle “les délinquants conjugaux” qui violent et frappent leurs épouses. Et que les familles protègent car à Mayotte, on préfère dire aux femmes “Mariez-vous car il vaut mieux être mal accompagnée que seule”. 

Les femmes et mères célibataires sont mal vues, elles sont stigmatisées, voir méprisées. Une femme n’est sûrement pas un objet sexuel, ni un punching-ball où l’on se défoule quand on se sent frustré et mal dans sa peau. Alors merci à cette femme qui a osé témoigner pour prévenir et sensibiliser sur ces nombreux tabous universels et ces fléaux qui abîment et tuent certaines femmes. 

Alors, libérons la parole, osons dire, osons sortir de la prison dans laquelle on nous enferme pour faire plaisir à nos familles et à la société mahoraise. Soyons solidaires dans ces combats justes et nobles. Cela me donne plus de courage de continuer le combat contre toutes les souffrances psychiques et les maux de mes compatriotes mahoraises ou mahorais. 

Le combat des violences faite aux femmes, ce n’est pas haïr les hommes. Il ne faut pas généraliser. Il s’agit de constater ce qui dysfonctionne et améliorer pour une société plus égalitaire et saine. Car vivre dans un environnement où l’on banalise le mal-être des personnes, c’est être dans le déni de la dure réalité, c’est être complice d’une crise plus grande que ce que l’on vit actuellement, c’est favorisée l’insécurité, l’injustice, la mort psychologique et le développement de toutes sortes de maladies. Car l’homme ou la femme sont des êtres humains fragiles et vulnérables, ils sont pas faits pour passer une vie à ne faire que souffrir. 

Brisons alors le silence, disons tout haut et fort tout ce qui nuit à notre santé mentale dans la société mahoraise ! Ensemble, Continuons le combat. Femmes et les hommes de Mayotte. 

Sarah. 

Osons dire, osons parler de nos tabous !
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