Il est des journées où le temps se suspend. Ce mercredi, à Acoua, le nom de « JPP » a résonné dans chaque ruelle, dans chaque coin du village, porté par l’angoisse et la solidarité. Disparu au matin, il a entraîné derrière lui tout un village, gendarmes, pompiers, familles, voisins, unis dans la même urgence : retrouver l’un des leurs.
On l’a cherché partout, des champs d’Agnala Kirombou aux pentes de Manga Bé, jusqu’aux sentiers de Bonsoleil. Chaque pas, chaque regard scrutait l’horizon. Chacun a donné de son temps, de son énergie, de son cœur. Et quand enfin, à 15h30, il a été retrouvé sain et sauf, un long soupir a parcouru le village comme une vague libératrice. La délivrance. Pris en charge par ses frères d’armes pompiers, conduit aux urgences, il laisse derrière lui un immense soupir de soulagement.
Au-delà du fait divers, c’est une leçon de solidarité qui s’est jouée sous nos yeux. Quand l’un chancelle, tout un village se lève. Quand un pompier vacille, ses camarades forment un rempart.
Supporter fidèle de l’OM, fidèle lecteur du journal acoua-info, Madjadjanois pur jus, « JPP » traverse une tempête depuis son accident de voiture. Mais aujourd’hui, il n’est plus seul : il sait qu’un village veille sur lui. Et c’est peut-être là, la plus belle des victoires.
M. Kaya, directeur de publication
