Football

R1. Rosador résiste, M’liha insiste… et s’incline

Le vent du Nord soufflait fort, cet après-midi, sur la pelouse de M’liha. Pour cette 18ᵉ journée, l’ASCJ recevait l’AS Rosador dans un duel où l’engagement a régné dès les premières foulées. Deux équipes appliquées, beaucoup de maîtrise au milieu… mais peu de situations dangereuses dans les premières minutes, comme si chacun guettait le faux pas de l’autre.

Côté Poissons jaunes, le trio offensif Niston – BK9 – Juliano tente de fissurer le bloc adverse. Les mouvements se dessinent, les appels s’enchaînent, mais Rosador reste solide, compacte, presque stoïque. Et c’est finalement les visiteurs qui frappent les premiers : à la 14ᵉ minute, le numéro 11 déborde sur son aile, centre tendu au second poteau. Wadec hésite à sortir, une fraction de trop. Dani, le n°10 de Rosador, surgit et claque une tête à bout portant. 0–1. Clinique.

La réaction de M’liha ne tarde pas : deux occasions franches, quelques frissons dans la surface des Verts, mais la réussite fuit les locaux. Niston tente ensuite de lancer Lastik en profondeur, une balle parfaite dans le timing, mais l’attaquant ne parvient pas à faire la différence.

À la pause, alors que Rosador mène 0–1, le coach Sorcier affiche une sérénité presque chirurgicale. « On a plutôt bien contrôlé le jeu. En face, c’est une équipe qui aime poser le ballon, donc il fallait les faire déjouer en cassant un peu le rythme. Sur l’ensemble du premier acte, on a réussi à imposer cette cadence. Maintenant, l’objectif, c’est d’accentuer cet effort et d’en faire encore plus en seconde période. »

Interrogé sur les consignes données dans le vestiaire après cette ouverture du score précoce, dès la 15ᵉ minute, le technicien de Rosador va droit au but : « Garder le ballon, avant tout. Ne pas encaisser, rester solides. Et si une brèche s’ouvre, allez chercher le deuxième but. Simple, mais essentiel. » Dans le camp des Poissons jaunes, Pirès, l’attaquant de l’ASCJ M’liha, reconnaît un premier acte insuffisant mais reste confiant pour la suite : « On a les armes. On est une équipe joueuse. En seconde période, on veut montrer le même visage qu’au début du match. »

Sur les clés techniques du renouveau attendu, Pirès insiste sur le facteur humain avant tout : « Là, c’est une question d’envie. En première période, on n’a pas vraiment joué en équipe. Le message est passé : on va être plus collectifs, plus solidaires, et frapper plus fort. On a les moyens pour le faire. »

Au retour des vestiaires, M’liha hausse le ton. Le ballon circule mieux, la pression s’intensifie. Rien n’y fait. Le fameux “quand ça ne veut pas, ça ne veut pas” prend tout son sens. Alors le coach réagit : double changement, Niston laisse sa place à Baby pour apporter du dynamisme,  puis Pires entre à son tour pour densifier l’attaque. Les Poissons jaunes campent littéralement dans le camp de Rosador, multiplient les assauts, tirent, centrent, insistent.

Mais la cage des Verts reste verrouillée comme un coffre-fort. Au terme d’un match accroché, dominé par M’liha sans être maîtrisé dans les zones décisives, l’ASCJ s’incline 1–0. Rosador confirme encore une fois son statut de bête noire du club jaune et bleu, cette équipe qui, saison après saison, sait frustrer et faire douter M’liha.

Un revers amer, mais riche d’enseignements. Et un appel à rebond pour la suite du championnat, où chaque détail comptera davantage encore. À l’issue de la rencontre, Didi, le coach de l’ASCJ M’liha, n’a pas masqué sa frustration. « C’était un match très compliqué pour nous. Quand on encaisse le premier but, c’est souvent la même histoire : derrière, il n’y a plus vraiment de match. Toutes les deux secondes, ça tombe au sol, ça coupe le rythme. On perd un temps fou et, pour moi, cinq minutes d’arrêt de jeu, ce n’est clairement pas suffisant. »

Sur la gestion physique de son groupe, l’entraîneur se veut prudent. « On fait attention, on ne charge pas trop les séances. On surveille chacun. On n’a pas beaucoup fait tourner, mais dès qu’un joueur a un pépin, on préfère le ménager. L’objectif, c’est d’aller au bout de la saison en limitant les pertes. »

Concernant la suite, il se projette déjà : « On affronte l’UCS. On va préparer ce match sérieusement et on espère récupérer un ou deux joueurs absents ce week-end. Ce rendez-vous peut nous aider à relancer une dynamique avant Sada, surtout que les garçons se sentent mieux sur ce terrain-là. »

Du côté de Rosador, Sorcier a dû répondre aux critiques sur les nombreuses crampes et interruptions en seconde période. « Non, ce n’est pas une tactique. Les gens ne réalisent pas : on est à plus de 30 matchs cette saison. On a commencé en R2, puis la montée, puis l’enchaînement… Chez nous, une saison avec autant de matchs, on ne connaît pas. Les joueurs sont épuisés, c’est normal. »

Et la comparaison avec M’liha, qui a joué dimanche, mardi, puis aujourd’hui ? L’entraîneur des Verts ne cache pas son inquiétude. « Nous, on est vraiment à bout. On a au moins quatre joueurs qui jouent déjà blessés, strapés de partout. Ils sont au bout du rouleau. Je les pousse difficilement, ils ont mal, beaucoup de douleurs, beaucoup de blessures qui s’ajoutent. »

M. Kaya avec Marley Le Massaï

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