Football

R2. Les Étincelles terminent en feu et décrochent le titre

Le stade Karoukantrodrou d’Hamjago a vécu une après-midi comme on les aime, celles qui restent accrochées à la mémoire collective et inscrites aux annales de l’histoire de football. Ce samedi 3 janvier 2025, pour la 22ᵉ et dernière journée de R2, les Étincelles de Hamjago recevaient Choungui FC. Déjà assurés de la montée en R1, les Rouges avaient encore une promesse à tenir : finir en beauté. Mission accomplie, avec une démonstration collective et un succès éclatant (4-0), synonyme de titre de champion de R2 Mayotte 2025.

Un départ pied au plancher

À Hamjago, personne n’est arrivé en retard. Dès l’entame, les consignes sont appliquées à la lettre : pressing haut, intensité maximale, duels gagnés. À la 6ᵉ minute, le pressing paie. Faya récupère, Toibrane prolonge, Ballotelli conserve et provoque la faute dans la surface. Penalty. El Technico ne tremble pas et ouvre le score d’un tir à contre-pied : 1-0.

Les Étincelles tentent d’enchaîner, mais Choungui FC ne s’effondre pas. Entre la 20ᵉ et la 30ᵉ minute, les visiteurs imposent même leur tempo et mettent la défense locale sous pression. Une arrière-garde jeune mais solide — El Technico, Cédric, Kamardine et Abidal — tient bon, bien protégée par l’expérience du capitaine Fred, de Tintin et de Faya au milieu.

Juste avant la pause, Ballotelli croit faire le break de la tête sur un centre parfaitement ajusté d’El Technico. Le stade exulte une seconde, avant que le drapeau ne se lève : hors-jeu. Mi-temps sur ce score étriqué (1-0), avec la sensation diffuse que rien n’est encore verrouillé.

À la pause, le coach des Étincelles de Hamjago, Mapesso, ne se berce d’aucune illusion. Lucide, presque pédagogique, il rappelle la réalité du terrain : « Ce n’est pas facile. On a su temporiser, on marque sur un penalty provoqué après une bonne séquence, mais le match reste compliqué. On joue, on se crée des occasions, sans toujours réussir à les concrétiser. Choungui nous pose des problèmes, ils menacent des deux côtés. C’est un match à enjeux, chacun veut imposer son jeu. »

Conscient que l’avantage est fragile, le technicien insiste sur l’exigence collective : « Rien n’est acquis. En deuxième mi-temps, il faudra attaquer ensemble et défendre ensemble, ne pas laisser d’espaces. La moindre erreur peut coûter cher. On doit rester solides, concentrés, et aller chercher ce deuxième but pour se mettre à l’abri. » Un discours clair, sans fioritures, à l’image d’une équipe qui sait que les matches se gagnent autant à la tête qu’aux jambes.

Du côté de Choungui FC, le discours à la pause se veut tout aussi franc. Le dirigeant pointe avant tout un déficit d’impact : « Il nous manque surtout l’engagement dans les duels. Il faut jouer comme on sait le faire, avec plus de contacts, plus d’intensité. À ce niveau-là, on n’a pas le temps. »

Pas de révolution tactique annoncée pour la reprise. En cette fin de saison, le message est simple et assumé : « Les joueurs savent ce qu’ils ont à faire. Il n’y a pas de grande tactique à inventer, il faut aller au contact. » Malgré le score défavorable, l’optimisme reste de mise dans le camp visiteur, avec l’espoir d’une seconde période plus tranchante. Une mi-temps, deux discours, et un même fil conducteur : l’impact, la concentration et le mental feront la différence.

Le tournant de la seconde période

Au vestiaire, le message est clair : jouer plus haut, plus juste, plus fort. Dès la reprise, Hamjago hausse le ton. À la 55ᵉ minute, Faya intercepte encore, Tintin file dans la surface, élimine le gardien, et un défenseur détourne le ballon de la main. Penalty, sans discussion. Tintin transforme : 2-0.

Quatre minutes plus tard, le stade explose. Ballotelli, intenable, efface plusieurs adversaires et inscrit un but splendide : 3-0. Le cyborg rouge, meilleur buteur de l’équipe — et peut-être de toute la R2 — enfonce définitivement le clou à la 76ᵉ minute, après une chevauchée solitaire conclue avec sang-froid. 4-0. Doublé, standing ovation, sortie sous les applaudissements.

Une fête populaire, un titre mérité

La fin de match prend des allures de célébration. Le staff fait tourner, les remplaçants goûtent à la fête, les tribunes chantent. Score final : 4-0. Une victoire nette, sans appel, qui consacre une saison maîtrisée de bout en bout.

Au-delà du terrain, c’est tout Hamjago qui savoure. Les supporters, en rouge, ont répondu présents. Mention spéciale aux mamans de l’école de foot, véritables piliers du club, dont l’engagement quotidien nourrit l’avenir autant que le présent.

Championnes de R2 Mayotte 2025, les Étincelles referment cette saison par un dernier éclat. En 2026, une nouvelle page s’ouvrira en Régionale 1. Le feu est prêt à brûler plus haut. Ce large succès scelle bien plus qu’une victoire : il offre aux Étincelles de Hamjago le titre de champion de R2 Mayotte 2025. Une consécration méritée pour un groupe constant, un staff engagé et un public resté fidèle du premier au dernier rendez-vous.

Les félicitations vont naturellement aux joueurs et à l’encadrement, mais aussi – et surtout – aux supporters, avec une mention particulière pour les mamans de l’école de foot, véritables poumons du club, présentes à chaque match, à chaque instant. En 2026, c’est une nouvelle page qui s’ouvrira en Régionale 1, avec l’ambition de poursuivre cette belle dynamique.

Parmi ces visages fidèles, Marie Chanfi, trésorière et coordinatrice du club, incarne cet esprit familial qui fait la force des Étincelles. Toujours présente en tribunes, elle résume son engagement avec simplicité et conviction : « Je ne suis pas là seulement aujourd’hui. Je suis Étincelles tous les jours, matin, midi et soir. Dans la victoire comme dans la défaite, je suis avec eux. Le message, c’est de rester concentrés, et tout ira bien. »

Confiante avant même le coup d’envoi, elle n’a jamais douté de l’issue de ce dernier match : « Oui, j’étais rassurée. Je savais que l’équipe allait gagner. » Mais au-delà du résultat, son regard se tourne surtout vers l’avenir, celui des plus jeunes : « Nos jeunes, c’est l’avenir. Si on ne les accompagne pas aujourd’hui, demain le club n’existera plus. C’est comme une pépinière : il faut arroser, encourager, soutenir. C’est aussi une façon de lutter contre la délinquance, de leur donner un cadre. »

Dans les tribunes, beaucoup de parents, notamment des mamans issues de l’école de foot d’Hamjago, partagent cet engagement quotidien. Une présence qui n’a rien d’anodin. « Le club Étincelles, ce n’est pas seulement une équipe. C’est une famille. Unis, dans la joie comme dans les moments plus difficiles, quel que soit le résultat. »

Quant aux surprises promises en cas de victoire, Marie Chanfi esquisse un sourire malicieux : « Les surprises ? Restez jusqu’à la fin, vous verrez. » À Hamjago, le football se joue sur le terrain, mais il se construit aussi autour, dans ces liens solides qui font d’un club un véritable foyer.

De nos correspondants Pobo, Marley Le Massaï

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