Billet

Soula et Soulou, la fierté du Nord sur la Diagonale des Fous

Ils sont cousins, frères d’endurance, jumeaux de volonté. À M’tsangamouji, on les connaît comme Soula et Soulou, deux garçons du quartier de La Vigie que la vie a menés sur des sentiers différents, mais que la passion du trail réunit aujourd’hui sur un même sommet : celui du Grand Raid de La Réunion.

Sur les pentes volcaniques de l’île sœur, c’est un peu du rouge de la latérite mahoraise qui s’invite à la fête. Deux coureurs, deux trajectoires, mais une même lumière intérieure. Soulaimana, le régulier, l’expérimenté, en sera à sa troisième participation — cent kilomètres de souffrance apprivoisée et de dénivelé avalé à la force du mental. Il sait désormais que dans cette épreuve, on ne conquiert pas la montagne, on la négocie avec humilité.

Face à lui — ou plutôt à ses côtés dans l’aventure — Souloutouni, le cadet, s’élance sur la redoutable Diagonale des Fous. Première participation, premier vertige. Cent soixante-quinze kilomètres, dix mille mètres de dénivelé positif : des chiffres qui feraient vaciller plus d’un mollet. Mais le garçon de la Vigie  garde les pieds mahorais bien ancrés dans la terre et la tête tournée vers l’horizon.

Ce qui unit ces deux-là dépasse les kilomètres et les chronos. C’est une fierté partagée, un hommage à Mayotte, à ses jeunes qui rêvent grand malgré les obstacles. Leurs foulées racontent une île qui doute parfois mais avance toujours, une jeunesse qui refuse le repli et choisit la persévérance.

Soula et Soulou ne cherchent pas la gloire, ils cherchent la ligne d’arrivée. Et peut-être, quelque part dans la nuit réunionnaise, entre deux crêtes et trois étoiles, entendra-t-on battre le cœur de Mtsangamouji.

Deux cousins. Deux dossards. Une île derrière eux. Et un même souffle : celui de l’endurance, du courage, et de la fraternité.

M. Kaya, directeur de publication

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