Témoignages

Une recherche sur les jeunes révèle une problématique ignorée et banalisée : le manque du père dans la société mahoraise !

La lecture de cette recherche m’a bouleversé dans l’analyse de ces résultats. La chercheuse en psychologie nous explique une réalité bien réelle dans le contexte mahorais. J’ai moi-même été perturbée parce que c’était une évidence si évidente… 

 La réalité étant trop insupportable, trop intolérable, trop difficile que j’ai dû faire abstraction tout ce temps-là. Il me semblait avoir observer  les mêmes constatations quand je travaillais à Mayotte mais je ne voulais pas voir l’évidence parce que mon inconscient collectif ne le voulait pas par loyauté. 

Les jeunes selon la chercheuse auraient dévoilé leur vérité et c’est une réalité difficile à concevoir. Ils sont en manque d’un père ! Ils auraient une image maternelle positive et contenante qui les sauve de ce l’on appelle l’effondrement psychique. Quand à l’image paternel, elle semble floue, absente voir inexistante. Les jeunes souffrent et préfèrent rester dans le déni de cette dure réalité. 

Je me suis dit en tant que citoyenne originaire de cette île : j’ai mal pour Mayotte, j’ai mal pour ses enfants, j’ai mal pour les femmes mahoraises qui semblent porter un lourde fardeau ou une forte pression sociétale qui est celle de “sauver leur enfant”. Pourquoi banalisent-on ces souffrances maternelles et de ces jeunes en manque de repères mais aussi  identitaires, familiales et sociétales ? Pour quelles raisons au final ? Pour quelles bénéfices secondaires ? Parce qu’il ne faut pas dire, il ne faut pas parler de ce qui fait mal à dire !

Rappelons la citation d’Ovide : “Nous sommes lents à croire ce qui fait mal à croire”. Nous remarquons un facteur de risque spécifique qui freine le jeune dans son développement psycho-émotionnel. Ce facteur serait en nombre très élevé à Mayotte : Il s’agit de l’absence du père à la naissance ou durant toute la vie du jeune Des pères peu présents car il y aurait des substituts paternels au niveau des oncles maternelles en particulier mais c’est en cours de disparition.

 Des pères très peu investis ou pas du tout investis car dans l’éducation traditionnelle,c’est la femme qui s’occupe des enfants. Ou le phénomène des pères démissionnaires constate encore la chercheuse.  Un enfant a sa naissance hériterait des erreurs et des fautes de ses aînés selon cette étude qui est en cours. L’enfant porterait même les malheurs,les angoisses, les souffrances et/ou les traumatismes de ses ancêtres. Ce qui apparemment favoriserait la répétition des schémas dysfonctionnels des parents. En effet, un enfant qui vient au monde quels que soient les conditions ne devrait pas être vu comme un accident ni une erreur de la nature. 

L’accident ou l’erreur c’est les parents qui pensent cela et qui l’abandonnent et n’honorent pas leur dette de vie qui est de prendre soin d’eux aussi bien matériellement qu’affectivement parlant , tout en veillant à sa bonne santé physique et psychiquement.

L’abandon est une des souffrances les plus dures à supporter pour un être humain. L’abandon précoce ne s’oublie pas et ne se répare pas ni avec le temps ni avec des cadeaux et encore moins  l’amour éphémère. C’est un traitement affectif de longue durée et cela passe par se faire pardonner et se pardonner. Un simple bouquet de fleur, du chocolat ou une carte postale avec des” je t’aime et tu me manques”, ne suffiront pas à guérir d’une telle blessure psychique qui laisse tout individu dans un vide affectif immense que personne ne peut combler.

Quand on sous-estime les dégâts psychologiques causés par l’abandon, nous enfermons un enfant dans son passé traumatisant de l’abandon précoce, d’un ou des deux parents. Cet enfant ne trouvera jamais la paix intérieure qui l’apaisera et l’aidera à bien grandir et à être heureux. Malheureusement beaucoup d’adultes ne se rendent pas compte de leurs erreurs et des destins qu’ils gâchent par pur égoïsme ou juste par pure connerie humaine ou bien encore parce qu’ils souffrent eux-mêmes et ils ne seraient pas à l’écoute de leur mal être intérieur. 

On ne plaisante pas avec la souffrance psychique, car une mort psychologique est bien pire qu’une mort physique… On erre dans un monde dans lequel on ne trouvera jamais notre place et on vivra avec une tristesse sans fin où le bonheur n’aura pas sa place dans notre vie. Prenons donc soin de nous et de nos enfants, épargnons-les nos péchés et protégeons-les de tous mais surtout de nous-mêmes. 

En entendant la fin de cette recherche et de ses conclusions, soyons attentif à nos émotions négatives et osons les exprimer pour les évacuer de façon saine. 

Sarah.

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