Faits divers

Violente irruption Manzaraka. Ce que l’on sait

La commune d’Acoua a été secouée, samedi en fin d’après-midi, par une irruption violente en marge du Manzaraka. Alors que la cérémonie religieuse s’était déroulée dans le calme, la journée a basculé dans la tension avec des affrontements entre jeunes d’Acoua et de Tchanga, sur fond de rivalités anciennes.

Un défilé sans incident

De 13h30 à 15h00, le défilé du Manzaraka a animé les rues d’Acoua. Fidèles à la tradition, les Miridis Kadri d’Acoua et de Mtsangamouji ont conduit la cérémonie religieuse, qui s’est achevée sans le moindre incident. Les troubles n’ont débuté qu’au départ de la délégation de Tchanga.

Une escorte improvisée

Vers 16h30, une trentaine de personnes de Tchanga, parmi lesquelles 25 jeunes et 5 adultes accompagnés de Koungué, regagnaient à pied leur bus stationné au carrefour Adobé. Le chauffeur se faisant attendre, un petit groupe de jeunes d’Acoua aurait tenté de les provoquer.
Repérés à temps par les adultes, ils ont rebroussé chemin mais, rejoints par d’autres, se sont embusqués sur le chemin de Madirou Bé pour tenter de caillasser le bus.
Pour éviter l’affrontement, Koungué et le rédacteur en chef d’Acoua-Info ont pris les devants et escorté le véhicule jusqu’au quartier Bon Soleil vers 17h10. Pris de court par cette manœuvre, les agresseurs ont pris la fuite.

La tension remonte en soirée

L’accalmie fut de courte durée. Plus tard, aux abords du kiosque d’Antapalalahi, non loin du lieu de fête, les mêmes jeunes se seraient rassemblés pour une nouvelle attaque.
À 18h43, un habitant a donné l’alerte après avoir observé leurs agissements suspects.
« J’ai vu un jeune sonné, presque inconscient, à l’intérieur du fourgon. Certains l’avaient frappé avec des chaussures. J’ai tenté de le protéger, mais un homme muni d’un bâton m’a pris pour l’agresseur. J’ai dû expliquer que je voulais seulement sécuriser le garçon », témoigne Bafana.
Selon lui, près d’une trentaine de jeunes, dont certains déjà connus pour leur comportement délinquant, se sont attroupés, entraînant des échauffourées. Une mère de famille a chuté, un bocal en verre a été brisé et un père bousculé en tentant de défendre son fils.

Des rancunes persistantes

Ces violences s’inscrivent dans un climat de tensions récurrentes entre villages du Nord. Les témoins évoquent un conflit persistant entre M’tsangamouji et Acoua. Il y a quelques semaines, des jeunes de M’tsangamouji auraient agressé ceux d’Acoua à Mliha. En représailles, un vélo aurait été volé à Tchanga, la scène moquée dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux.
Un récent match de football entre les deux villages aurait encore attisé ces rancunes.

Appel à la responsabilité

Ce nouvel incident, survenu lors d’un événement religieux et festif, met en lumière la fragilité du climat social entre certains villages. Rivalités sportives, querelles anciennes et provocations nourrissent un cycle de violences inquiétant.
Au lendemain des faits, plusieurs habitants d’Acoua exprimaient leur indignation et appelaient à la responsabilité collective ainsi qu’à des mesures préventives pour éviter que des moments de célébration comme le Manzaraka ne soient ternis par de tels débordements.

La rédaction

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