Quatre saisons pleines, une montée en puissance continue et une sortie par la grande porte. Au lendemain du sacre de l’ACSJ Mliha face à l’AS Rosador en Coupe de Mayotte, Wadec, gardien emblématique des Poissons Jaunes, s’apprête à refermer un chapitre majeur de sa carrière. Pour la saison 2026, le portier défendra les couleurs des Diables Noirs de Combani, formation ambitieuse du Centre de l’île, également engagée en R1.
Le football mahorais chérit les histoires de fidélité. Il connaît aussi les départs nécessaires. Celle de Wadec se situe exactement à la jonction des deux. Formé à M’liha, devenu l’un des visages du club, le dernier rempart a officialisé son départ avec lucidité et émotion, conscient d’avoir mené son cycle à maturité.
Dans un message adressé aux supporters, le gardien n’a rien esquivé : ni les attentes parfois contrariées, ni la gratitude profonde. « Je pars avec un cœur lourd, mais fier de ce que je suis devenu grâce à vous », confie-t-il. Des mots simples, droits, à l’image de son jeu : sobre, fiable, sans artifices.
Le passage de Wadec à M’liha ne se résume pas à une succession de saisons. Il raconte une ascension collective, souvent sécurisée par un dernier rempart décisif. Son palmarès parle pour lui : champion de Mayotte R4, R3 et R2, finaliste de la Coupe de France, meilleur gardien R2, 3ᵉ du championnat R1, et vainqueur de la Coupe de Mayotte 2025.
Un parcours bâti dans la durée, au fil des efforts, des remises en question et des samedis brûlants. « Tous ces titres, c’est grâce à vous, le peuple des Poissons Jaunes », insiste-t-il, saluant supporters, coéquipiers et dirigeants.
Pourquoi Combani ? Le choix est assumé et réfléchi. « J’avais beaucoup entendu parler d’eux, c’est une équipe compétitive », explique Wadec. Projet sportif solide, structure jugée sérieuse, renseignements pris en amont : le pragmatisme d’un joueur qui pense à la suite sans renier le passé.
Annoncé un temps du côté de l’UCS Sada, le portier a finalement tranché. « Il y avait des contacts avec Sada et d’autres clubs, mais Combani m’a paru le plus intéressant et le plus fiable », précise-t-il.
Le départ, toutefois, n’efface rien. « M’liha, c’est mon équipe de cœur. Je dois beaucoup aux villageois pour tout ce qu’ils ont fait pour moi. C’est un départ, pas un au revoir. » Une promesse à peine voilée. Le lien demeure, presque filial : « Une partie de moi restera toujours ici. »
À Combani, un nouveau défi s’ouvre. À M’liha, le respect reste intact, solide comme un dernier rempart. Dans le football comme dans la vie, savoir partir au bon moment est parfois une victoire. Wadec l’a compris : le regard vers l’avenir, le cœur toujours ancré à M’liha.
M. Kaya
