Reportage

Zion Family, nouveau cap pour la jeunesse

On parle peu de ce qui marche dans nos localités. Dans un village d’Acoua parfois miné par des dérives de la délinquance juvénile, un manque criant de structures et d’équipements pour la jeunesse, un groupe d’amis réuni d’abord par leur passion commune qui demeure la musique (le reggae), ont décidé de passer un cap: Donner un nouvel élan à la jeunesse par des activités ludiques, éducatives et environnementales. La Rédaction d’acoua-info est allée à la rencontre de l’équipe Zion Family qui combat contre l’oisiveté. Rabzion et Tobaigne nous ont ouvert leur camps. Reportage !

Faire venir les familles à la plage.

« On veut donner une nouvelle image à cette partie de la plage d’Acoua qui est l’une des plus vaste et étendue de l’île. On voit ce qui se passe à Antapalalahi qui est devenu une décharge et un lieu de toutes les dérives. Ici, on veut planter des arbres fruitiers, des fleurs. On espère faire revenir les familles à la plage. Pourquoi aller faire nos Voulés ailleurs alors que le front de mer d’Acoua possède des atouts considérables? ». C’est par ces mots que Tobaigne et Rapzion nous ont accueilli à la plage d’Agnala Madjadjani. Outils de jardin en mains, ils sont entrain de finir les travaux de déblayage et de nettoyage de la plage. Plusieurs tas de déchets posés ici et là, témoignant leur engagement depuis plusieurs semaines à quelques mètres de chemin Bawali. « On attend que le service technique passe les récupérer pour les transférer à la décharge de Dzoumogné », lancent-ils.

Étre utile à la société

On connaît Tobaigne au clavier, Rabzion au micro ou Tof à la batterie. Ils font partie du groupe Zion Family. Longtemps sous la bannière de Melrose Plage avec Bob Kira, ces jeunes d’Acoua sont rentrés au pays pour « être utile à la société », lance Tobaigne. « Depuis que nous avons investi ces lieux il y’a plus d’un an, les familles, les riverains nous remercient. Les gens reviennent passer du temps à la plage. On nous réveille lorsque des intrus ou des chiens traversent le secteur de jour comme de nuit », ajoute de son côté Rabzion.

La Bibliothèque d’ADEA, un autre chantier

Le duo nous invite ensuite à le suivre à quelques mètres de là où se trouve les vestiges de l’ancienne bibliothèque d’ADEA (Association pour le Développement de l’Éducation à Acoua). Fermée et abandonnée depuis plus de 10 ans, le cliché n’est pas honorable avec des déchets jonchant les pièces et des graffitis sans tête ni queue sur les murs. Tobaigne la quarantaine assumée et son équipe ne se limite pas à critiquer les anciens comme les nouveaux responsables politiques de la ville d’Acoua.

Appel à la mairie et au département

« Il faut trouver des solutions pour redorer l’image de cet endroit, autrefois carrefour de la lecture et du savoir. Pourquoi pas donner les clés aux associations communales afin de changer redorer l’image de bâtiment ». Poursuivent-ils. Il y’a quelques jours, l’équipe de Zion Family a mené une action de sensibilisation, drapeaux à la main pour appeler l’opinion à s’intéresser à ce sujet. Tobaigne et son équipe lance un appel à la mairie d’Acoua ainsi qu’au département, voire l’interco Nord.

Zion Family, plus qu’une adresse, plus qu’une association

Zion Family, c’est également ce kiosque implanté les pieds dans l’eau entre la maison des jeunes et les ruines de la bibliothèque. Visible depuis le lagon, le kiosque reflète l’image de cet ambiance festif et convivial où nombreux clients et adeptes commencent à faire confiance. « On veut booster les nombreuses initiatives associatives de la commune en nous positionnant comme des relais. Ici on partage, on enseigne, on sensibilise la jeunesse sur les dangers liés à l’environnement, la lutte contre la délinquance et les dérives liées aux différentes adictions. C’est un espace de vie. On organise des formations des futurs musiciens, des futurs D.J. » , renchérit Tobaigne.

Rastas et fières de l’être.

« Nous sommes avant tout des Rastas et fières de l’être (Rires, … Jah Rastafarai !). Au tout début, même encore aujourd’hui certaines personnes ont une mauvaise image de nous. On nous taxe de vagabonds, fumeurs de Bangué, profiteurs ou autres, … Mais on connaît nos valeurs. Nous sommes des personnes responsables, pères de familles pour la plupart. C’était un peu compliqué avec l’ancienne municipalité. Nous espérons que la nouvelle équipe saura venir vers nous et travailler pour l’intérêt commun. » Lâche Rabzion, conscient du travail à fournir pour gagner la confiance de la population.

En attendant, Zion Family voit loin. Plusieurs projets sont dans les cartons, notamment pour la mise en valeur du front de mer. En collaboration avec plusieurs partenaires (restaurants et kiosques), des activités de haut niveau devront illuminer de la plage Madjadjani en passant par Melrose Plage jusqu’à la plage Tapalalahi dans les mois à venir.

Fofana A

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