Coronavirus

La vaccination face aux variants du Covid19

Mayotte fait partie des départements français les plus touchés par la Covid19 avec la Moselle, les Alpes Maritimes ou la Seine Saint-Denis. Ce qui a obligé le Préfet de Mayotte, Jean-Francois COLLOMBET à prolonger le confinement strict débuté le 5 février sur l’ensemble du territoire pour deux semaines supplémentaires. Avec un peu plus de 60 décès en un mois et un taux d’incidence qui avait atteint 940/100 000 habitants mi-février, le représentant de l’Etat est contraint de prendre des mesures impopulaires mais nécessaires pour casser les chaînes de contamination liées à la Covid19. Des mauvais indicateurs qui ont un point commun, l’apparition depuis quelques semaines des variants anglais, sud-africains voire brésiliens. Se pose également la question de l’efficacité des vaccins face aux variants. 

Une mutation prévisible 

Au printemps dernier, au plus fort de la crise sanitaire, la communauté scientifique avait évoqué avec beaucoup d’appréhension l’éventualité d’une mutation du virus initial de la Covid19. A ce jour, on dénombre trois variants scientifiquement identifiés. En Europe, on fait face principalement au variant anglais, et dans un moindre mesure à la mutation sud-africaine alors que sur le contient américain, la crainte concerne le variant brésilien. Selon l’Agence Régionale de la Santé (ARS) de Mayotte, sur l’Île aux parfums, le variant sud-africain serait majoritaire au vue des derniers tests PCR approfondis. Cela consiste à effectuer une deuxième analyse pour chaque test PCR positif pour rechercher une mutation du virus. Ces variants sont réputés plus contagieux que le Covid19 initial à cause de leur mutation récente. En France métropolitaine, la part des variants tend à augmenter de manière significative et les acteurs scientifiques estiment qu’à mi-mars, ils seront majoritaires. Un autre fait inquiétant est la possibilité d’une seconde mutation des variants actuels, posant la question de l’efficacité des vaccins existants ou futurs. 

La technologie des vaccins ARN 

Qu’il soit classique ou à ARN (Acide RiboNucléique : molécule cousine de l’ADN), le but ultime d’un vaccin est de fournir à l’organisme suffisamment d’informations sur un pathogène (virus) en circulation afin que le système immunitaire du patient puisse le reconnaître, réagir rapidement et efficacement lors d’une infection future. Le principe de ces 2 technologies est le même, seule l’information délivrée diffère. Les vaccins traditionnels dits ”classiques” contiennent des éléments entiers ou partiels du virus désactivé ou atténué et qu’on injecte chez le sujet. Mais, sa synthétisation chimique est longue et le processus est coûteux. L’accélération de la pandémie mondiale et l’apparition des variants récemment ont contraint les laboratoires à choisir la méthode ARN plutôt que les classiques. Pour comprendre le mécanisme des vaccins ARN, l’idée est de faire produire des protéines directement par l’organisme de la personne à vacciner. Pour rappel, nos cellules ont la capacité de les fabriquer (protéines) avec la forme exacte désirée en quelques secondes. Il suffit juste de leur (nos cellules) fournir la séquence virale de l’antigène, soit des bouts d’ARN messager.

Dans le cas de la Covid19, il s’agit des spicules (fameuses protéines SPIKE) présents à la surface du coronavirus. Injectés dans notre organisme, ces fragments pénètrent dans nos cellules où ils sont pris en charge par notre arsenal cellulaire. Ce dernier lit les séquences comme on lit un plan de montage et fabrique en conséquence des protéines correspondantes. Un processus en somme complexe mais plus rapidement synthétisable d’où les choix des différents labos de favoriser ce type de technologie face la Covid19. Si l’apparition des vaccins anti-Covid ont mis en lumière le principe ARN, il est à noter que cette technologie est entre autres utilisée depuis 25 ans en médecine vétérinaire pour protéger les saumons d’élevage contre les infections. 

Les vaccins face au virus 

Depuis la mise sur le marché du vaccin germano-américain du laboratoire Pfizer/Bio-Ntech en novembre dernier, d’autres groupes pharmaceutiques ont depuis reçu les autorisations de mise sur le marché des autorités sanitaires. Ce sont principalement des vaccins ARN messager, hormis celui du britannique Astra zeneca développé avec l’université d’Oxford. Pour rappel, les chiffres donnés ici sont issus d’essais cliniques et sont des moyennes à titre indicatif. Ils peuvent évoluer en fonction des populations étudiées et des critères observés. Le confinement strict a permis de casser les chaînes de transmission du virus ainsi que de ses variants et les derniers indicateurs de l’ARS Mayotte confirment cette tendance positive. Toutefois 

et dans l’attente d’une vaccination massive sur notre territoire qui mettra beaucoup de temps en raison du manque de dose ainsi que des difficultés de production et d’approvisionnement, il convient de rappeler à l’ensemble de nos lecteurs de bien respecter les mesures sanitaires pour les gestes barrières ainsi que le lavage des mains. La distanciation sociale et le port du masque quand cela est nécessaire sont les autres axes de prévention fiables actuellement pour lutter efficacement contre ce virus et protéger ainsi nos familles. Cette pandémie a déjà causé trop de dégradations humaines, économiques et sociales, sans oublier les effets néfastes psychologiques pour de nombreux jeunes étudiants ou simples scolaires partout dans le monde.

Et à quelques heures du déconfinement progressif du 15 mars, il nous parait crucial de rappeler ces règles sanitaires. En tant que professionnel de santé, il me paraît souhaitable pour nos lecteurs qui ont les moyens, de s’équiper d’un thermomètre tympanique ou laser frontal ainsi que d’un oxymètre de pouls. Un oxymètre de pouls est un outil qui vous permettra de mesurer votre pulsation cardiaque mais surtout votre saturation en oxygène. Le taux d’oxygène dans le sang doit être supérieur à 92 % au minimum. Il est prouvé à ce jour que sa surveillance quotidienne, en cas de symptômes, a permis de limiter le risque de faire une forme grave et éviter ainsi une détresse respiratoire sévère. 

Abdoul Soumaila

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