Témoignages

Un combat, une vie !

On dit souvent : “Nul n’est prophète en son pays.” Une personne n’est jamais appréciée à sa juste valeur là où il vit. Ce n’est pas faux ! Je mène un combat de prise de conscience au sein de la société mahoraise depuis quelques années. Au pire des cas, je suis juste une folle, dans les meilleurs de cas, juste une femme.

Et quelle est la valeur d’une parole d’une femme, d’une mère ? Je dirais pas grande chose dans un monde où les hommes veulent plutôt et toujours dominés les femmes. En tant que professionnelle, je vois encore plus les injustices et les souffrances infligées aux femmes sous toutes ses formes. Les hommes banalisent les faits : “les femmes se plaignent toujours pour rien”, “c’est normal de souffrir en tant que mère”, “c’est normal d’élever tes enfants seule, c’est ton devoir de mère et de femmes”, etc. Et j’en passe, au final c’est normal de souffrir et de subir les injustices de l’humanité parce qu’après tout on est juste une femme. 

Les hommes prennent à la légère nos maux et les femmes se disputent entre elles. Certaines diront même : “arrêtons d’être dures avec nos hommes, c’est la vie, il faut accepter d’être soumises à eux, notre destin est lié à eux, c’est grâce à eux que nous existons, supportons tout ce qu’ils nous font en silence. Prenons soins de nos rois et faisons juste notre boulot de femmes, de mères et d’épouses.”

L’histoire de l’humanité ne s’est pas écrite en un jour, l’égalité des sexes, les problématiques de violences intrafamiliales, de violences conjugales, de violences de toutes sortes, sont bien des phénomènes d’actualités et mondiaux… 

Freud lui, le père de la psychanalyse n’a-t-il pas dit : “L’homme est, en effet, tenté de satisfaire son besoin d’agression aux dépens de son prochain, d’exploiter son travail sans dédommagements, de l’utiliser sexuellement sans son consentement, de s’approprier ses biens, de l’humilier, de lui infliger des souffrances, de le martyriser et de le tuer.” Est-ce ça véritablement la dure réalité ? 

Oui la violence fait partie de notre quotidien, la faire disparaître est un dur combat, peut-on au moins la dénoncer, la prévenir et surtout créer une société ou des sociétés plus juste et plus égalitaire. Où les hommes et les femmes auront les mêmes droits, où l’on évitera les stigmatisations et le manque d’empathie. Où chaque être vivant est important et où aucune souffrance ne sera banalisée. C’est bien-sûr de l’utopie, un rêve, un mirage mais peut-on essayer déjà de prendre conscience des problématiques de notre société et ne plus se voiler la face. 

Est-ce possible de révéler les tabous et de se libérer des chaînes qui nous emprisonnent ? Il y a encore trop d’injustices et trop de souffrances, des secrets de famille, des non-dits, des crimes restés silencieux. Il nous faut libérer la parole, nous confronter à notre dure réalité, oser exprimer ses émotions, ses sentiments sans être traité de fou ou de folle ou de personne marginale car on ose dire tout haut ce qui se dit tout bas et créant des souffrances psychiques inimaginables. 

Soyons honnêtes envers nous-mêmes, les autres et la société ! Doit-on juste subir et se taire quand des femmes se font violées et que leurs familles et la société les rejettent ? Doit-on laisser des géniteurs faire du mal à leurs propres enfants et à celles qui les a mis au monde parce qu’on devrait respecter les hommes qu’ils soient maltraitants ou pas, ce sont des hommes-rois qui ont plus de droits que des devoirs ? 

Doit-on accepter l’humiliation, le rejet, le mépris car nous vivons dans un monde d’apparence car si tu n’es pas quelqu’un, tu es personne ? Doit-on accepter l’inacceptable car les gens n’aiment pas la vérité ou la dure réalité ? A toutes ces questions, je répondrais par “non”. C’est pour cela, ma vie sera un combat perpétuel. Le combat de tous les jours et de tous les instants. Parce que je refuse la fatalité, parce que je refuse que nos enfants vivent dans un monde si injuste ou le mal devient une norme. C’est normal de faire du mal, de maltraiter, de violer, d’être insensible à la souffrance humaine de toute sorte…. Il n’y a rien de normal dans tout ça. Ce qui est anormal c’est de croire que c’est normal et qu’on reste dans la passivité. C’est anormal d’observer ces injustices et de ne rien faire. 

Mon combat sera long et il n’est pas un combat à mener seul. C’est un combat collectif où il faut travailler ensemble hommes et femmes pour changer des mentalités et des comportements inadmissibles pour pouvoir créer un monde plus juste et plus beau. Il n’y a pas plus beau combat que celui de la vie. Malgré les nombreux combats nobles qu’on mène durant notre vie, sourions à la vie quoi qu’il arrive ! 

Il ne s’agit pas de juger une société donnée sur des fléaux universels, cela touche tout le monde à des degrés différents et c’est à la société de s’ouvrir à d’autres perspectives et de proposer in fine un cadre sécurisant et protecteur à ces membres. 

Sarah.

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