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Les héroïnes invincibles qui s’ignorent : quand une “mzouguette” fait un don de masque à une famille vivant à Mayotte !

Une jeune métropolitaine bretonne que nous allons nommé Mme Delphine a discrètement fait un don de masques à une famille résidant à Mayotte. Comment Mme Delphine a eu cette idée ? Alors que les masques aujourd’hui deviennent un bien précieux à l’heure du déconfinement, et depuis que la Métropole ont compris leur utilité et recommande les Masques “grand public” dites les masques alternatifs en tissu, lavables et réutilisables. Selon les études scientifiques, ces masques peuvent quand-même protéger en plus des gestes de barrières et la distanciation sociale

C’est dans ce contexte qu’une rencontre entre une mahoraise et une bretonne s’est faite. La première s’inquiétait pour les habitants de son île et ne savait pas comment elle pouvait aider à sa manière. La deuxième, Mme Delphine, était une visionnaire, dès le confinement, avant même que le gouvernement autorise les masques en tissus, elle a commencé à en faire pour en proposer gratuitement et généreusement aux établissements médico-sociaux (Ehpad, Epsm, croix rouge, pharmacie etc..). Dans la plupart de temps, on lui aurait dit non à son don de masque sous le prétexte que ces masques ne seraient pas homologués et ne répondraient pas aux normes sanitaires demandées. 

Déçue, elle en confectionnant pour envoyer aux membres de sa famille, ses amis, des connaissances, sa psychologue et d’autres personnes qui ont bien voulu accepter d’en recevoir gracieusement. 

Puis elle arrêta d’en faire jusqu’au moment où elle rencontra cette jeune femme originaire de Mayotte qu’on appellera Baraka junior. Ces deux femmes, étaient faites pour se rencontrer. Mme Delphine a tout de suite était touchée par l’histoire de Baraka qui semblait triste et inquiète pour son île natale et du faite que le virus se propageait vite surtout avec le confinement très difficile à appliquer dans le cinquième département français. Soudainement, Mme Delphine s’est proposée de fabriquer avec le peu de matériel qu’elle avait des masques pour envoyer à Mayotte. 

C’est ainsi que Baraka reçu gratuitement une trentaine de masques pour Mayotte. Et comme elle ne pouvait pas envoyer en grand nombres aux personnels hospitaliers, aux crèches, aux forces de l’ordre, aux personnels des écoles etc, elle s’est décidée d’en envoyer comme Mme Delphine, aux membres de sa famille qui sont déjà nombreux. Elle a deux frères, son père avec sa femme et ses demi-sœurs et demi-frères, une vingtaine en tout. Avant cela, elle en donna à sa copine qui venait d’accoucher d’origine comorienne, une famille de sept personnes. 

Baraka a voulu payer modestement pour remercier Mme  Delphine de sa générosité et sa gentillesse, celle-ci refusa catégoriquement disant qu’elle était contente de lui faire ce cadeau et que c’était de très bon cœur. Cette bretonne vit modestement, elle ne travaille pas et elle aurait une santé physique et psychologique fragile tant la vie ne lui aurait pas fait de cadeau. Mais elle, elle a choisi de changer la donne, d’être à l’écoute des autres, de leurs besoins et de les aider du mieux qu’elle peut. Elle s’oublie pour l’autre, pour tenter de combler le vide affectif de son existence. Elle cherche à l’extérieur, ce qu’elle n’arrive pas à se donner à l’intérieur, de l’amour de soi, de la confiance et la conscience qu’elle est très certainement une femme unique et exceptionnelle. Mme Delphine fut heureuse d’avoir pu aider Baraka, qui en était très reconnaissante puisqu’elle a aussi essayé de trouver une couturière mahoraise en Métropole pour l’aider.

C’est ainsi qu’elle a pu rentrer en lien avec l’une d’elles mais il était question de paiement, 6 euros le masque fait maison, avec une réduction de 2 euros en plus des frais d’envoi. Oui cette personne ne pouvait se permettre la même générosité que Mme Delphine , en ce mois sacré. Elle était d’accord de faire les masques et de les envoyer à la famille de Baraka quand celle-ci aurait fait le virement dans son compte, sans cela, il n’y aura pas de masques alternatifs. Baraka, mères célibataires de deux enfants, que le mari aurait abandonné dès leur naissance, était prête à tout pour “sauver sa famille” résidant à Mayotte, surtout pour protéger son père souffrant d’asthme, qui est le seul parent qui lui reste. 

Finalement, cette bretonne de 33 ans est venue au bon moment, elle permit à Baraka de contribuer modestement à aider sa famille. C’est son héroïne et cela démontre bien que la générosité n’a pas de couleur ni de frontière ni d’origine. Une inconnue qui n’a jamais été à Mayotte, qui fut sensible à la situation de cette île aux moyens sanitaires limités a naturellement fait un don de soi, ne dormant pas, mangeant très mal pour permettre à une grande famille mahoraise de se protéger contre le Covid-19. N’est ce pas un ange tombé du ciel ! 

Quand la Bretagne rencontre Mayotte, c’est une histoire d’amour qui débute, une histoire humaine riche, merveilleuse plein d’humanité, de bienveillance, d’empathie, de gentillesse, de générosité, de tendresse, de partage et pleins de belles choses à venir. Mme Delphine et Baraka sont bien un exemple que l’amitié, l’amour n’a pas de frontière ni de couleur, ni d’âge, elle est juste la volonté, le désir de rendre son prochain heureux. Ce n’est pas la richesse matérielle ou financière qui nous procure le bonheur, c’est notre capacité à aimer notre prochain et à lui faire du bien. Ce geste sauve psychologiquement l’être humain, c’est comme lui faire comprendre ce qui est véritablement important, l’amour de soi et des autres ! Quand on se retrouve, quand on est bien avec soi-même, qu’on s’apporte la bienveillance, l’écoute, l’estime de soi, nous sommes mieux armés pour se confronter aux difficultés extérieures et quotidiennes. Car nous apporterons du soleil, de l’émerveillement, de l’amour sincère en nous et autour de nous. Ce sont ces qualités humaines, la bonté naturelle qui fera de nous des êtres extraordinaires et profondément humains comme l’exemple de Mme Delphine. 

Nous lui remercions infiniment pour ce qu’elle a fait pour cette jeune femme mahoraise et sa famille. C’est une action a salué et a valorisé, on devrait tous et toutes être des Delphine, un ange sorti de nulle part qui répand un peu de douceur et de joie dans ce monde “coronavirussé”. Hommage à toi grande dame. Je te remets symboliquement, la médaille de Mérite à toi et toutes les couturières et couturiers bénévoles qui se sont portés volontaires pour aider la population française. Merci à vous tous, nos héroïnes, nos héros invisibles mais bien visibles. 

Sarah. 

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